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Bayrou prêt à jouer un "rôle" au centre...

LCI - TF1  30-05-2010

Invité dimanche soir du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, le président du MoDem François Bayrou, dont la formation a subi un sérieux revers lors des régionales, s'est déclaré prêt à jouer un "rôle" au centre, et a laissé planer le doute sur sa candidature à la présidentielle de 2012.
 
"Le centre, c'est une famille politique", et "un jour elle se reconstituera parce qu'elle n'a pas le rôle qu'elle devrait avoir", a-t-il déclaré, promettant de mettre "toutes les forces au service de cette construction". "Chaque fois que le président de la République (...) ou le Premier ministre demandera à me voir pour parler de ces sujets je répondrai oui", a-t-il dit. "Chaque fois que les dirigeants du PS -et ça arrive sans que j'en fasse de la publicité- demanderont à me voir pour parler de ces sujets je répondrai oui", a-t-il répété. "Je considère que nous sommes co-responsables de l'avenir du pays et j'exerce cette responsabilité", a-t-il poursuivi, affirmant ne pas avoir d'"arrière-pensée".

2012 ? "Personne n'en sait rien"
 
Interrogé sur le choix de son "ami", le leader britannique centriste Nick Clegg, de participer à un gouvernement de coalition avec les conservateurs, il a répondu que le patron des Lib-Dems avait "choisi de permettre au changement de s'exercer et de gouverner en Grande-Bretagne". "Si vous me demandez si je permettrai et favoriserai un changement dans la politique française, je vous réponds oui ! Dès que les électeurs l'auront choisi", a-t-il ajouté. "J'espère jouer dans ce débat avec les Français un rôle qui servira l'idée que je me fais de l'avenir du pays", a encore déclaré M. Bayrou.
 
Ce rôle passe-t-il automatiquement par sa candidature à la présidentielle de 2012? "Personne n'en sait rien", a-t-il répondu. "Qui peut dire ce qui va se passer dans les deux ans qui viennent ? Personne ne peut dire quelle va être la succession d'événements qui va nous conduire en 2012, ou plus tôt, à de grands choix nationaux", a conclu le leader centriste.

 
La dette publique ? "Apocalyptique"

François Bayrou, qui avait porté sur le devant de la scène politique l'enjeu de la dette pendant la campagne présidentielle de 2007, a jugé dimanche "apocalyptique" la situation financière de la France. La France connaît "une situation de finances publiques, de déficits et de dettes - les trois déficits : retraites, Sécu, budget - qui est apocalyptique", a-t-il déclaré .
Entre l'époque de la campagne présidentielle et aujourd'hui, "on a augmenté de 400% le déficit de la France, donc c'est apocalyptique. C'est une question qui se pose à tous les responsables publics, majorité et opposition".

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Réforme des collectivités : le scrutin majoritaire à deux tours est "anticonstitutionnel", pour François Bayrou

Mouvement Démocrate - 27-05-2010

François Bayrou a estimé ce jeudi "anticonstitutionnel" le scrutin majoritaire à deux tours décidé par le gouvernement pour l'élection des futurs conseillers territoriaux.
Ce projet de scrutin "défavorise la parité" et ne "garantit pas le pluralisme", selon François Bayrou.

"Vous n'avez pas le droit de faire le choix de ce mode de scrutin, la Constitution vous l'interdit", a-t-il encore ajouté à l'attention du secrétaire d'Etat aux collectivités, Alain Marleix, durant le débat sur le projet de loi de réforme des collectivités territoriales à l'Assemblée nationale.
Selon l'article 1er de la Constitution, "la loi favorise l'égal accès des hommes et des femmes aux fonctions électives", a rappelé François Bayrou, ajoutant que actuellement, "la parité est absolue ou presque" pour les élections régionales (au scrutin de liste, NdM), mais avec le scrutin uninominal majoritaire à deux tours "vous défavorisez la parité".

La loi constitutionnelle "garantit le pluralisme, or le texte ne garantit pas le pluralisme, il fait le contraire", a-t-il encore rappelé, avant d'ajouter que le texte devient ainsi "anticonstitutionnel et sera sanctionné par le Conseil constitutionnel".

François Bayrou a également critiqué la création de métropoles auxquelles "vous donnez toutes les compétences des communes, jusqu'aux cimetières et aux abattoirs", a-t-il dit.

François Bayrou : "Il faut consulter les Français par référendum sur les déficits"

Mouvement Démocrate - 24-05-2010

François Bayrou a accordé un entretien au quotidien Le Monde, édition datée du dimanche 23 et lundi 24 mai.

Le Monde : Approuvez-vous la proposition du président de la République d'inscrire dans la Constitution la lutte contre les déficits ?

François Bayrou : Inlassablement, depuis dix ans, j'ai défendu le principe d'une disposition constitutionnelle qui empêche les déficits de se creuser, du moins en période de croissance. La proposition que je défendais était d'écrire tout simplement dans la Constitution qu'à partir de l'année 2015, par exemple, les déficits de fonctionnement ne seront pas admis, sauf pour combattre ou prévenir une récession.
Pour l'investissement, les grands équipements, il est compréhensible qu'en empruntant on partage la charge avec les générations futures ; pour le fonctionnement pour les retraites, pour le remboursement des feuilles de sécu, c'est inadmissible et scandaleux. Je trouve légitime d'en faire un principe constitutionnel. Bien des critiques disent : "Vous n'avez pas le droit de lier les mains des gouvernements à venir."
Cette critique est sérieuse : je propose donc que la modification constitutionnelle soit décidée par les Français eux-mêmes, par référendum. Si des gouvernements ultérieurs estiment nécessaire de rompre avec cette règle de prudence, ils ne pourront le faire sans avoir à leur tour demandé l'accord du peuple.


Le Monde : À quoi attribuez-vous cette propension française aux déficits ?

François Bayrou : Deux choses : dans la culture française, il y a l'idée profondément ancrée que l'inflation, à un moment donné, viendra effacer l'ardoise. Et puis, nous vivons dans la frénésie du court terme. Pour exister au journal de 20 heures, chaque jour, devant chaque accident de la vie, il faut "débloquer", comme on dit, des milliards. Et en effet, on n'a pas arrêté de débloquer, à tous les sens du mot...

Le Monde : La rigueur est-elle inéluctable ?

François Bayrou : La guerre des mots autour du terme "rigueur" est ridicule. Mais il faut se mettre ceci dans la tête : nous sommes entrés dans le temps des choses sérieuses. On nous a fait vivre dans l'illusion que l'Etat pouvait répondre à toutes les demandes à partir de ressources qu'il n'avait pas. C'est fini. Et, pour moi, il est bon que notre pays ouvre les yeux devant la réalité.

Le Monde : Les Français y sont-ils prêts ?

François Bayrou : Je crois que les esprits ont beaucoup évolué. Les responsables politiques aussi. J'ai trouvé intéressant que Dominique Strauss-Kahn dise clairement que le tabou des 60 ans pour la retraite n'avait pas de sens. Mais les appareils de parti, eux, n'en sont pas là !
Lorsque le PS officiel prétend que, pour la réforme des retraites, il suffit de taxer les banques, qu'il n'y a qu'à "prendre l'argent là où il est", comme disait magnifiquement feu Georges Marchais, c'est le pire des messages politiques. cela consiste à dire au grand public : "On peut s'en tirer sans effort puisque les efforts seront pour les autres !" Ce n'est pas ain qu'on rebâtit un grand pays.

Le Monde : Vous pensez qu'on va vers des hausses d'impôt ?

François Bayrou : Compte tenu de l'ampleur des déficits, aucun gouvernement n'y échappera. Et lorsque le gouvernement actuel prétend le contraire, il raconte des histoires et il le sait parfaitement. C'est si vrai que le gouvernement a transmis à Bruxelles un plan de redressement qui comporte une hausse de deux points des prélèvements obligatoires ! Mais notre fiscalité est devenue de plus en plus injuste et de plus en plus labyrinthique. Pour obtenir justice, clarté et donc confiance, il faudra le courage d'une profonde réforme fiscale.

Le Monde : Comment interprétez-vous l'effervescence actuelle au centre ?

François Bayrou : Il y a au centre de la vie politique française une famille dispersée, mais réelle. Ce courant de pensée s'est séparé : une partie s'est satellisée autour du pouvoir chiraquien ou sarkozyste, une partie a choisi l'indépendance avec moi, une partie s'est installée dans l'orbite du PS. Mais les événements imposeront un jour ou l'autre que ce grand courant, avec toutes ses sensibilités, se rassemble.

Le Monde : Avec ou sans vous ?

François Bayrou : Le moment venu, je mettrai toutes mes forces au service de cette reconstruction. Mais il y a une condition, et pour moi une seule : il faut que toutes les composantes assument une vraie indépendance. C'est toujours la même histoire : pour être à la hauteur, il faut renoncer au renoncement.

Le Monde : Pourquoi avez-vous récemment rencontré Nicolas Sarkozy ?

François Bayrou : Nous sommes dans une période de crise profonde, où tout le monde cherche l'issue. Dans cette période, chaque fois que le président de la République m'invitera à le rencontrer pour parler des grands sujets, j'accepterai. Idem pour le premier ministre ou les responsables de la gauche. Et, chaque fois, sans tambour ni trompette. Responsables politiques, nous sommes collectivement responsables de la situation du pays. Je ne dis pas "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil", mais "tout le monde est responsable".

Le Monde : Comment analysez-vous la crise européenne ?

François Bayrou : Je n'aime pas la mode anti-allemande actuelle. La chancelière Angela Merkel, et son ministre des finances, Wolfgang Schaüble, sont des dirigeants de grande dimension, qui prennent légitimement en compte la hantise historique de leur peuple. Nous les Français, nous aimons l'inflation et la planche à billets. Les Allemands ont perdu leur être, leur sang et leur âme dans une dérive qui a commencé par l'inflation. Si on ne comprend pas ça, on ne comprend rien.

Le Monde : Pourquoi l'Europe ne parvient pas à parler d'une seule voix ?

François Bayrou : Parce qu'il n'y a pas de vision claire. Que doit être l'Europe ? Pour moi, c'est une famille d'Etats et de nations organisés dans un but commun. À l'ère des Etats-continents, ils choisissent de défendre ensemble leur modèle de société. Le jour où cette idée fondatrice sera acceptée par tous, on avancera.

Le Monde : La Commission européenne doit-elle avoir un droit de regard sur les budgets nationaux ?

François Bayrou : On présente bien le budget, avant de le voter, aux citoyens français. Pourquoi pas aux partenaires européens ? Je souhaiterais pour aller plus loin une agence européenne vraiment indépendante chargée de garantir la vérité sur les comptes des différents Etats.

Le Monde : La baisse de l'euro vous inquiète-t-elle ?

François Bayrou : Non. L'euro était surévalué. Nous nous rapprochons d'une parité convenable avec le dollar. Où est le drame ? Ce rééquilibrage a aussi des avantages.

Le Monde : La zone euro peut-elle exploser ?

François Bayrou : Je ne le crois pas. Un pays qui en sortirait verrait ses taux d'intérêt s'envoler, ses déficits exploser, et l'inflation l'envahir. Il ne trouverait plus de crédit. C'est très dissuasif. J'ajoute que l'euro protège tout le monde. Même les forts...

Le Monde : Va-t-on vers davantage d'intégration économique à la faveur de la crise ?

François Bayrou : Si on allait vers une vraie coordination et une vraie coopération, ce serait déjà un pas de géant.

Le Monde : Que faut-il faire en priorité pour assurer le financement des retraites ?

François Bayrou : Un plan en trois étapes :

*d'abord, rétablir l'équilibre financier par de nouvelles ressources et cela impose, par esprit de justice, de faire participer des revenus qui, pour l'instant, étaient à l'abri ;*ensuite, à moyen terme, admettre que, bien sûr, le déséquilibre des retraites est un problème démographique, qu'il faut augmenter le nombre des actifs par rapport au nombre des retraités : pour cela, il faut devenir obsédés de la reconquête de l'emploi en France, pour les jeunes et pour les plus de 55 ans et ensuite allonger la durée d'activité en faisant glisser le curseur de l'âge légal, ou celui de la durée des cotisations, ou les deux ;
*enfin, pour le long terme, définir dès aujourd'hui, tous ensemble, à horizon d'une décennie, un système de retraite, par exemple à points, plus souple, qui prévoira des transitions entre emploi et retraite, et qui sera équilibré.

Le Monde : Soutiendrez-vous la réforme que va proposer le gouvernement ?

François Bayrou : Si elle me paraît raisonnable, je la soutiendrai. Je n'ai pas passé ma vie politique à mettre en garde contre les déficits pour aller dans le sens de l'irresponsabilité lorsqu'un redressement commence à s'imposer.

Le Monde : Votre geste ne risque-t-il pas d'être interprété comme un "recentrage" dû à votre solitude ?

François Bayrou : Sans concession, depuis le premier jour, j'ai combattu les fautes du pouvoir actuel en termes d'injustices, d'atteintes à la séparation des pouvoirs, de mainmise sur les médias, publics en particulier, de mélange entre intérêts privés et intérêt public. Je continuerai de le faire. Cela me rend d'autant plus libre d'approuver des décisions qui me paraissent équilibrées. Dire oui quand les choses vont dans le bon sens, dire non et se battre contre les erreurs et les abus, voilà ma ligne.

Le Monde : Quelle est votre opinion sur le projet de loi sur la burqa ?

François Bayrou : Je n'ai pas aimé la manière dont le débat a été lancé. Mais la décision est maintenant devant nous : je trouve le texte du gouvernement raisonnable. Le projet de loi ne parle pas de religion, ne cible personne. Il dit simplement qu'en France, on ne dissimule pas son visage dans l'espace public, que vivre à visage découvert, c'est le premier geste de reconnaissance réciproque et de respect. En outre, j'approuve qu'il y ait une pédagogie prévue dans la loi.

Propos recueillis par Françoise Fressoz et Pierre Jaxel-Truer.

Bayrou soutiendra la réforme des retraites du gouvernement "si elle est raisonnable"

Sud-Ouest -22-05-2010


François Bayrou"Je n'ai pas passé ma vie politique à mettre en garde contre les déficits pour aller dans le sens de l'irresponsabilité, lorsqu'un redressement commence à s'imposer", dit-il

Le Béarnais, président du MoDem assure qu'il "soutiendra" la réforme des retraites du gouvernement "si elle (lui) paraît raisonnable", dans une interview au Monde daté de dimanche-lundi.

"Je n'ai pas passé ma vie politique à mettre en garde contre les déficits pour aller dans le sens de l'irresponsabilité, lorsqu'un redressement commence à s'imposer", poursuit  François Bayrou.

Comme on lui demande si, dans ce cas, son geste ne sera pas "interprété comme un recentrage dû à sa solitude", le président du Mouvement démocrate répond: "Sans concession, depuis le premier jour, j'ai combattu les fautes du gouvernement actuel en termes d'injustices, d'atteinte à la séparation des pouvoirs, de mainmise sur les médias, publics en particulier, de mélange entre intérêts privés et intérêt public, je continuerai de le faire".

"Cela me rend d'autant plus libre d'approuver des décisions qui m'apparaissent équilibrées", ajoute-t-il.

Bayrou demeure plébiscité au MoDem

L'Hérétique - 13-05-2010

Le tableau de bord des personnalités du mois de mai de l'IFOP est d'ores et déjà en ligne. J'y ai examiné avec intérêt la position de François Bayrou. Il y a des points noirs, notamment, une forte impopularité globale. Mais à côté de cela, au sein de son électorat, il demeure extrêmement populaire puisqu'il dispose d'une cote de confiance de 94% dans l'électorat du MoDem. Évidemment, toute la difficulté est de déterminer ce qu'est l'électorat du MoDem puisqu'il est très mouvant... Il demeure également populaire auprès de son électorat de la présidentielle de 2007 puisque 78% de ses anciens électeurs ont une bonne opinion de lui. Seuls Jacques Chirac et DSK font mieux avec respectivement 79% et 82%. Par rapport au mois de mars 2010, je constate qu'il remonte nettement sur ses bases (son électorat présidentiel de 2007 et celui du MoDem).

En revanche, ce sondage confirme ce que j'avais constaté dans le précédent : il y a vraiment un problème avec les retraités et, désormais, les diplômés du supérieur, dernière catégorie qui lui a longtemps été très favorable. Deux catégories qui ne s'abstiennent pas ! Pour les seconds, à mon avis, l'algarade avec Cohn-Bendit a été désastreuse, mais, ce n'est sans doute pas la seule cause : je pense que la posture tribunicienne adoptée pendant trois années par Bayrou a aussi contribué à faire des dégâts dans cette catégorie. Il eût fallu qu'elle soit tempérée par des propositions dites aussi fortes que les critiques. J'ai le sentiment que François Bayrou s'est modéré, sur ce point, à la suite des Européennes.

J'ai notamment apprécié ses positions responsables et modérées sur la burqa, les retraites et le plan européen ; à vrai dire, sur ce dernier point, on a eu là la traduction en fait de ce que proposait en gros et en gras le Mouvement Démocrate dans son programme pour les Européennes...

François Bayrou : "Si Centre il y a, ça veut dire indépendance, et j'en suis le garant"

Mouvement Démocrate - 12-5-2010

François Bayrou était l'invité de Laurence Jousserandot sur France Info, ce lundi 10 mai.

France Info : Bonsoir François Bayrou, président du Mouvement Démocrate. On ne vous a pas beaucoup entendu depuis les élections régionales ; le plan de soutien à la zone euro décidé par Bruxelles avec le FMI pour éteindre l'incendie et redresser l'euro, ça a fonctionné aujourd'hui c'est un premier succès ?

François Bayrou : C'était un plan qui aurait dû intervenir il y a 3 mois et le fait qu'il ne soit pas intervenu il y a 3 mois, ça nous a coûté peut-être 300 milliards. C'est une décision bienvenue, au fond, et on attendait 2 choses : une solidarité entre européens qui soit suffisamment importante pour qu'on essaie de ne pas attaquer un des membres de la zone euro pour faire exploser l'ensemble. De ce point de vue là on a trouvé la bonne gamme 750 à 800 milliards c'est une somme astronomique. Et deuxièmement on attendait que la BCE joue le rôle qu'elle devrait jouer quand les états on besoin d'emprunter. Jusqu'à maintenant, la BCE ne prêtait pas d'argent aux Etats quand ils en avaient besoin. On a fait un changement de cap significatif, ces décisions ont été bien inspirées mais trop tard, et ce trop tard nous coûte cher.


FI : Vous pensez que la contagion va être évitée ou ne faire que panser les plaies ?

FB : Il me semble que la question est difficile et délicate, mais je vais essayer de vous répondre franchement. Il me semble que c'est un répit trouvé, j'allais dire acheté et l'on voit bien la réaction des marchés, c'est à dire les bourses. Mais ce n'est pas la réponse au problème, car la cause du problème c'est que le bon sens a disparu. Le bon sens a disparu car on accepté de vivre totalement à crédit et ça nous a plongé nous les Français et Européens, ça nous a plongé dans une situation de fragilité excessive. On est pour ainsi dire obligé de garder notre train de vie et de réemprunter pour alimenter notre dette et cela ne sera pas corrigé par les décisions prises en Europe. Et la seule certitude, c'est que les centaines de milliards mobilisés vont nous obliger les pays de l'Europe et la France en premier lieu à devenir sérieux. Tant qu'on n'aura pas corrigé ces déséquilibres on aura des accidents qui nous ruineront. On a besoin que le bon sens et que le sérieux se trouvent à leur place dans les affaires publiques.

FI : Voilà concrètement une décision prise par Nicolas Sarkozy, qui a eu une influence déterminante de ce point de vue là. Vous êtes satisfait ?

FB : En tout cas je suis heureux quand les choses vont dans le bon sens. Tout ce qui est fait est bien; arrêtons de tirer la couverture, arrêtons de voir les chefs d'Etat prétendre que c'est grâce à eux. Il vaut mieux tout faire ensemble, chaque chef revendique trop pour lui même. On n'a pas besoin d'exploit personnel, on a besoin d'équipe.

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Courtisé par Sarkozy, Bayrou veut garder sa liberté 

9-05-2010 -L'Alsace


François BayrouLe 22 avril, François Bayrou a rencontré Nicolas Sarkozy, qui lui aurait proposé de rejoindre la majorité. Photo AFP

Sollicité par Nicolas Sarkozy et Jean-Pierre Raffarin pour « retrouver sa place » dans la majorité, le Mouvement démocrate (MoDem) de François Bayrou n’entend pas aliéner son indépendance.

« Peut-on parler avec tout le monde ? Évidemment. Est-ce qu’on se retrouve dans la majorité présidentielle ? La réponse est non », a expliqué hier la vice-présidente du MoDem, Marielle de Sarnez.

Également interrogé, François Bayrou a estimé que « la question n’était pas là » : « La question, c’est l’état du pays. Chaque fois que des leaders politiques veulent me voir, je les vois. Nous avons tous une responsabilité et devons parler ensemble, de manière constructive et détendue, de ce qui se passe en France et en Europe. »

La présidence de la République avait récemment laissé filtrer qu’une rencontre s’était déroulée, le 22 avril, entre Nicolas Sarkozy et François Bayrou, qui n’a cessé de critiquer l’action du chef de l’État depuis 2007, notamment dans un livre intitulé Abus de pouvoir. Le président aurait alors expliqué au leader centriste qu’il était prêt à travailler avec lui s’il modifiait sa ligne politique : « Tu t’es trompé de stratégie… La gauche ne peut pas faire alliance avec toi, sinon elle perd l’extrême gauche ! »

Début mai, Jean-Pierre Raffarin avait confirmé cette ouverture vers l’ancien ministre de l’Éducation nationale . « François Bayrou doit mesurer aujourd’hui que sa stratégie avec la gauche est dans une impasse et doit réfléchir à un retour au sein d’une majorité présidentielle élargie », avait déclaré l’ancien Premier ministre sur LCI, soulignant que le président du MoDem « peut retrouver sa place pour essayer de renforcer le centre ».

« Sarkozy ne dispose d’aucune réserve au centre pour la présidentielle, et le Nouveau Centre ou Borloo ne lui apporteront rien en terme de suffrages, confie un membre du MoDem. Au fond, malgré toutes nos difficultés, celui qui conserve une crédibilité au centre, c’est François Bayrou. »

François Bayrou : "Il faudra un rééquilibrage des comptes si on veut améliorer la situation du pays"

Mouvement Démocrate 6-5-2010

François Bayrou était l'invité ce mercredi de la matinale de France Inter. Il répond aux questions qui lui sont posées :
-sur la  sutuation de la Grèce , la rigueur , le taux de 5% avec lequel l'Europe prête de l'argent à la Grèce
- les élections en Angleterre , le bipartisme
-sur sa candidature en 2012
-sur la burka




Grèce, Portugal, Espagne : quand Bayrou avait raison

Agoravox 1-5-2010

Vous vous souvenez, en septembre 2008, Nicolas Sarkozy, après que l’auréolée Christine Lagarde avait dit que la crise n’atteindrait pas la France se flattait d’avoir réagi avec promptitude, force et efficacité. La réalité était tout autre puisqu’il lui a fallu presque 20 jours pour agir après le lundi noir et la chute de Lehman Brothers.

         
Ce que nous montre aujourd’hui le cas de la Grèce, du Portugal et de l’Espagne c’est qu’au lieu d’avoir réussi Nicolas Sarkozy a échoué en grande largeur. Quand il s’est agi de sauver les banques, ce fut fait sans compensation et à la vitesse de l’éclair. Une fois sauvées celles-ci s’en sont mis plein les poches, ont continué à spéculer et continuent à le faire au détriment de l’Euro et contre les nations qui les ont sauvées. Les traders ont demandé à leur tailleur de rallonger leurs poches afin d’y mettre tous les biffetons qu’ils ont gagnés en 2009.
 
A la suite du sauvetage des banques qui a coûté quelque 1 500 milliards de dollars, celui qui s’est appelé le président de l’Europe (titre usurpé qui n’existe que dans le panthéon de la Sarkozye) devait réguler le monde financier et moraliser le capitalisme. La réalité est cruelle et indécente, Paulson s’est enrichi de plusieurs milliards de dollars dont un rien qu’avec Goldman Sachs en jouant la baisse à mort pendant que les autres fourguaient aux investisseurs trompés en toute connaissance des titres pourris contre lesquels Paulson justement spéculait et pour lesquels ces investisseurs allaient y perdre jusqu’à leur chemise.
 
Actuellement, les sociétés de notation qui ont plongé le monde de la finance dans un trou noir dont on ne voit pas encore le vrai fond en ayant auparavant noté de façon faramineusement positive des produits complexes autant qu’ils étaient pourris et risqués, veulent se montrer intraitables et descendent en flèche trois pays endettés, dettes dont ils sont en partie responsables avec Goldman Sachs qui a aidé la Grèce à tricher, en déclassant leur note de solvabilité. Ceci entraîne une spéculation effrénée contre l’euro et lance un tourbillon vicieux : les taux augmentent vertigineusement et plombent encore plus les pays endettés. Or les banques risquent d’être plombées si l’insolvabilité de ces pays pointe son nez car elles possèdent des obligations de ces états endettés, obligations qu’elles ont refourguées à leurs clients (nous en gros). On arrive à des taux de fous : 10 % récemment (alors que les meilleurs se financent à moins de 1,5 %).
 
Tous ceux qui croyaient que les pays de la zone euro étaient solidaires, peuvent enterrer leur doux rêve et déterrer la hache de guerre. Voilà que la France se tape d’aise sur le ventre. Woerth, très content de lui (il est vrai qu’il est trésorier de l’UMP et qu’à l’UMP il y a un autre ancien ministre du budget qui a donné son accord pour la constitution de sociétés offshore dans le but d’encaisser des commissions de la vente des sous-marins au Pakistan dont on parle un peu en ce moment) annonce sans rougir que la France va prêter à la Grèce au taux de 5 % en empruntant sur le marché au taux de 1,5 %. Belle solidarité ! On enfonce la Grèce au lieu de l’aider. On aurait pu prêter à 1,75 ou 2 %. Tout le monde était gagnant y compris nous, là c’est tout simplement scandaleux. Faire une marge de 233,34 % est tout simplement insoutenable d’autant qu’à terme c’est tout le monde qui va payer. La crise durera plus longtemps en Europe. Les effets dominos peuvent se déclencher.
 
Et pendant que l’Europe risque vraiment de basculer dans le chaos, à la tête de l’Europe on se dit qu’il est urgent d’attendre (chaque jour qui passe se sont des millions d’euros qui vont dans la poche des spéculateurs et c’est encore plus dur de s’en sortir), Merkel pique sa crise et notre Nicolas Sarkozy se promène e Chine.
 
On se rend compte que Nicolas Sarkozy, malgré ses rodomontades et ses coups de menton, a échoué complètement. On n’a cessé de dire qu’il était actif mais le résultat est là :
- bien que « président » de l’Europe en pleine crise il n’a fait le choix qu’il fallait faire, il n’a pas agi de telle sorte que justement la Grèce ne se trouve pas dans la situation dans laquelle elle est, suivie du Portugal et de l’Espagne.
- la spéculation n’a toujours pas diminué
- les financiers sont encore plus gras qu’avant
- il a été tout simplement incapable de faire qu’on prête rapidement à la Grèce et à un taux faible. Merkel n’a pas été convaincue par Nicolas Sarkozy. On a eu droit à des manchettes de presse, mais c’est la pression du FMI, de la BCE et d’autres pays qui a fini par dérider la dame de fer d’outre Rhin. Zéro pointé sur ce coup-là pour Nicolas Sarkozy.
 
Et Bayrou dans tout cela ? En octobre 2008 Bayrou demandait à cor et à cris un grand emprunt européen. Imaginez que cela fut fait. Qu’en serait-il aujourd’hui ?
1- cela aurait été un acte fondateur en Europe
2- cela aurait soudé les pays européens de la zone euro justement dans ce même acte
3- cela les aurait liés dans une solidarité commune pour le bien commun
4- et le plus important, la Grèce aurait pu utiliser une partie de cet emprunt à un taux bien plus faible et très rapidement, sans avoir à pleurer, sans avoir à négocier, de plein droit. Et ceci il y a plusieurs mois, augmentant les chances de sortie de crise et diminuant les risques et surtout diminuant le poids du remboursement de l’emprunt tant parce qu’alors le capital aurait été moindre et qu’avec un taux avoisinant les 2 % et non les 5 qu’on lui impose aujourd’hui les charges de la dette auraient été bien inférieures.
 
L’idée de Bayrou était la bonne, Sarkozy a gonflé sa poitrine et s’est congratulé mais comme le démontre l’état de la Grèce son action quand la France était à la présidence tournante de l’Europe a été un fiasco, sinon il aurait fait en sorte qu’avec cette crise qui débutait, un mécanisme de sauvegarde fût mis en place afin d’éviter ce qui arrive aujourd’hui.

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