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Quelles qualités pour un président?

Slate - 28-6-2011

Jacques Attali dresse le portrait idéal d'un président de la République . N'y aurait-il pas quelque ressemblance avec François BAYROU ? (DR)

ElyséeLa saison des candidatures à l’élection présidentielle est ouverte. A droite, comme à gauche. Pour l’instant, on n’a pas réussi à voir surgir les vraies raisons d’être de ces candidatures, sinon des ambitions personnelles, ou un soi-disant dévouement à la cause nationale. Et pour l’instant, on en est à des querelles d’écolier.

Choisir un candidat, à l’intérieur d’un camp, c’est choisir un programme et un profil psychologique. Parlons ici d’abord du profil psychologique. Il sera temps, plus tard, de parler en long et en large des programmes.

Pour avoir été pendant dix ans le plus proche collaborateur d’un président de la République, associé à toutes les réunions et à toutes les procédures de la présidence, mêlé à toutes ses décisions, je crois pouvoir dire quelles qualités sont nécessaires pour exercer cette fonction si particulière.

D’abord, un président n’est ni un ministre, ni un Premier ministre. Il incarne la nation. Il doit d’abord penser à cette incarnation, à chaque instant, qui détermine tout. Il doit la vivre profondément. Il doit sans cesse penser à la trace de son action dans l’histoire de France, passée et future.

Il doit avoir un caractère solide, une grande capacité de travail. Il doit s’habiller de façon élégante, s’exprimer dans un français sans faute; parler au moins parfaitement l’anglais; et si possible au moins une autre langue étrangère. Il doit lire tous les jours la presse étrangère et connaître parfaitement les nouvelles technologies: un président qui ne saurait répondre lui-même à ses emails, envoyer un tweet ou naviguer sur Google serait aujourd’hui incapable de comprendre le monde.

Il doit aussi avoir une capacité à ne pas mentir à lui-même, à garder un secret, à travailler en équipe mais à décider seul, sans le faire en fonction de ses intérêts propres ou de rancunes personnelles. Il doit être capable de ne pas se mêler des détails, s’en tenir à de grandes directives, et seulement corriger les ministres quand ils s’écartent de la ligne qu’il a tracée pour le pays.

Il doit avoir aussi une grande connaissance des sujets les plus essentiels pour l’incarnation de la nation: les problèmes militaires, financiers, éducatifs, et sociaux. Il doit avoir une grille de lecture des événements qui nous attendent. Et en particulier des conséquences de la crise financière, qui ne peut manquer de revenir, et qui exigera des décisions nécessairement impopulaires.

Il devra être capable de créer un consensus avec l’opposition sur les grands sujets de défense et de finances publiques.

Pour avoir ses qualités, un candidat à la présidence de la République ne doit donc pas nécessairement avoir été ministre. Au contraire même, cela pourrait fausser ses réactions, en le ramenant à des considérations de détail. Il doit sûrement avoir été élu local, même si, dans son nouveau rôle, il ne devra pas représenter les intérêts des communes, des départements ou des régions, mais ceux du pays tout entier.

Une campagne de primaire n’est pas, par nature, faite pour révéler ces traits de caractères. Pour y parvenir, il ne faudra pas se contenter de petites phrases, de postures, de ralliements et de trahison. Il faudra oser poser ces questions à ces candidats.

Jacques Attali


F Bayrou donne sa position sur la situation de la Grêce

Le Monde (extrait) -24-6-2011

F Bayrou

 

"Il faut prendre conscience du risque que la situation grecque fait peser sur nous-mêmes. Une faillite grecque ou un rééchelonnement brutal de la dette créerait pour la première fois une situation où un pays de la zone euro serait incapable de faire face à ses engagements. Tous les prêts aux pays en difficulté, dont nous-mêmes, seraient affectés d'une prime de risque. Les taux monteraient, ce qui serait une catastrophe pour nous, Français, déjà écrasés de dettes. Que faire ? Il nous faut manifester de la solidarité, mutualiser la dette entre pays européens, avec la création d'une caisse commune empruntant au nom des Etats, en bons du Trésor européens. Naturellement, cela signifie qu'il faut établir une gouvernance de la zone euro compétente pour obtenir l'assainissement des pays en déséquilibre financier."


François Bayrou réunit les personnalités centristes au siège rénové du MoDem

Mouvement Démocrate -22-6-2011

CentristesFrançois Bayrou a réuni, mardi 21 juin au soir, des personnalités centristes de différentes sensibilités, au siège rénové de son parti, qui fut aussi celui de l'UDF.

L'ancien candidat à la présidentielle, également entouré des cadres et élus nationaux du MoDem, avait le sourire aux lèvres en prenant la parole devant ses amis d'autres mouvements centristes, parmi lesquels figuraient Jean Arthuis, François Zochetto, Michel Mercier, Pierre Méhaignerie et Bernard Bosson.

C'est dans la cour du siège de son parti, flambant neuf après deux mois de rénovation, que François Bayrou a convié autour d'un pot convivial plusieurs personnalités centristes de l'ex-UDF, qui avaient en effet accepté de participer à l'inauguration du bâtiment où le leader démocrate espère un jour réunir la famille centriste indépendante recomposée.

Étaient notamment présents le député Pierre Méhaignerie (UMP), le ministre de la Justice Michel Mercier, le sénateur Jean Arthuis (Alliance centriste), le sénateur et président du groupe Union Centriste François Zochetto et l'ancien ministre Bernard Bosson qui se met au service de François Bayrou pour la présidentielle.

"Je suis heureux et ému que cette maison rénovée nous accueille ensemble et il y a longtemps que cette circonstance ne s'était pas produite", a lancé François Bayrou à l'adresse de ses anciens camarades de l'UDF. "Si nous avons fait des choix stratégiques différents, jamais au cours de ces années nous n'avons oublié nos valeurs communes" a-t-il expliqué.

"Pour moi, cet avenir a toujours été symbolisé par cette maison. Ces quinze dernières années, nous l'avons, pierre après pierre, préservée, nous en avons assuré la survie et la promotion", a affirmé le patron du MoDem comme une métaphore de son combat pour défendre la survivance d'un centre indépendant.

"C'est un des plus beaux sièges de parti, admirablement outillé pour conduire des aventures communes. Il y a des choses précieuses entre nous qui sont de l'ordre de l'amitié, des combats partagés mais aussi de l'ordre de l'avenir. En disant cela je n'engage que moi mais peut-être que vous ne seriez pas venus si vous n'aviez pas un peu cette arrière pensée", a-t-il lancé à l'adresse de ses anciens compagnons.

"C'est ma famille politique. On peut avoir des divergences mais là je me sens chez moi", a expliqué Michel Mercier sans rejetter l'idée de revenir un jour dans ces murs. "Il y a beaucoup de place. Je viendrais plus facilement là que dans d'autres endroits", s'est-il amusé. "En politique, tout est possible. Au-delà de nos divergeances, nous avons des valeurs communes. Je crois que les forces du centre doivent travailler ensemble", a abondé Pierre Méhaignerie. "Le rassemblement des centres ne pourra se faire sans François Bayrou", a estimé Jean Arthuis.

"Le futur président ne doit pas être un chef de clan mais une personnalité avec des valeurs, des racines, de la culture et je suis fier pour ces raisons de m'engager pour la présidentielle aux côtés de François Bayrou", a dit Bernard Bosson


Dans l’ombre, Bayrou attend son heure

France Soir 20-06-2011

François BayrouPour 42 % des Français, c’est lui qui incarne le mieux les valeurs du centre. Alors que Borloo est l’objet de toutes les attentions, François Bayrou est convaincu qu’il n’y aura qu’un candidat du centre en 2012 : lui.

Alors, en attendant de se lancer dans la bataille, François Bayrou fait de petits déplacements en région SIPA

On ne l’entend guère, on le voit peu sur les écrans et pourtant, dans l’ombre des autres candidats probables à la présidentielle, François Bayrou marque des points. Les projecteurs des médias ont beau être tournés vers un autre centriste, Jean-Louis Borloo, c’est bien le patron du Modem qui « incarne le plus les idées et les valeurs du centre » pour 42 % des Français, loin devant le président du Parti radical (32 %). A dix mois de la présidentielle, Bayrou progresse de 6 points dans notre baromètre depuis avril dernier, quand Borloo, lui, connaît un trou d’air de 5 points. En fait, seuls les sympathisants UMP plébiscitent l’ex-ministre de l’Ecologie pour représenter le centre, le Béarnais faisant au contraire la course en tête chez les sympathisants PS et, sans surprise, chez ceux du Modem. Des résultats qui semblent valider la stratégie attentiste de François Bayrou.

Car si ses ambitions présidentielles ne sont un secret pour personne, l’homme attend patiemment son heure. « Une campagne électorale, ça se mène dans les six mois qui précèdent l’échéance, pas avant », explique le porte-parole du Modem, Yann Wehrling. Au sein du mouvement démocrate, on feint donc d’ignorer les sondages. Un seul mot d’ordre : la patience. « Pour l’instant, il est dans le quotidien d’un élu. Il sera candidat plus tard, résume Wehrling. En attendant, François Bayrou a choisi de rester au-dessus de la mêlée, au calme. »

« Une fumisterie »

Pendant ce temps, au centre, on s’agite et on s’organise autour de Jean-Louis Borloo, Dominique de Villepin répète à qui veut l’entendre qu’il « veut être candidat » et tend la main au chef des radicaux, quand le candidat à la primaire écolo Nicolas Hulot suscite des remous en expliquant avoir songé, lui aussi, à un tandem avec Borloo. Pas de quoi inquiéter Bayrou. Tout simplement parce que son entourage ne croit pas une seconde à la candidature de l’ex-ministre radical. « Borloo reste un candidat de la majorité, assène la numéro deux du Modem, Marielle de Sarnez. Et j’en suis convaincue, en 2012, il ne pourra y avoir qu’un seul représentant de la majorité, et ce sera Nicolas Sarkozy. »

« Etre dans la majorité et prétendre proposer aux Français une alternance, c’est une fumisterie », a asséné sur RMC François Bayrou, qui se veut, lui, le seul représentant d’un centre « indépendant ». Jusque-là, cette « indépendance » l’a surtout isolé. Ses anciens amis de l’UDF, qui n’ont pas supporté son refus de choisir entre Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy entre les deux tours de la présidentielle de 2007, l’ont quitté. A la tête d’un Modem qui ne dispose que de très peu d’élus, il a subi de cinglants revers électoraux, aux élections européennes de 2009 comme aux régionales de 2010. Mais il a toujours gardé en ligne de mire la présidentielle, seule élection où il estime avoir une carte à jouer. Car le troisième homme de 2007 – il avait recueilli 18,57 % des voix au premier tour – sait qu’il reste une figure reconnue du centre et qu’il dispose toujours d’un socle électoral de 5 % à 7 % des voix. Il compte aussi sur le ralliement des déçus. « Les primaires vont faire beaucoup de malheureux, estime le vice-président du Modem, Jean-Luc Bennahmias. Et ceux qui sont aujourd’hui derrière Borloo nous rejoindront sûrement, quand ils verront qu’il n’ira pas jusqu’au bout. »

« La troisième, c’est la bonne »

La question des alliances n’inquiète pas non plus les bayrouistes, d’un optimisme inébranlable. « Chez nous, il y a des humanistes, des écolos, des centristes, des socio-démocrates. Nous somme un parti transversal, qui nous permet beaucoup d’alliances », assure le député européen (et ex-Verts) Jean-Luc Bennahmias. « Bayrou a aussi ses contacts, précise le vice-président du parti, Robert Rochefort. Il rencontre de façon non officielle de nombreuses personnalités de gauche et de droite. Et pas n’importe qui. » Et puis, Nicolas Hulot n’a-t-il pas songé à une alliance avec Bayrou pendant la présidentielle de 2007 ? Quant à sa rivale, Eva Joly, « elle voulait même se présenter aux européennes de 2008 sous la bannière Modem ! »

Alors, en attendant de se lancer dans la bataille, François Bayrou fait de petits déplacements en région. Vendredi, il était à Lucé (Eure-et-Loir), dans l’agglomération de Chartres. Le reste de son temps, il le partage entre sa maison de Bordères, dans les Pyrénées-Atlantiques, et les bancs de l’Assemblée nationale, où il siège discrètement, tout en haut de l’Hémicycle, dans ce qu’il appelle son « pigeonnier », au rang des députés « non-inscrits ». Depuis 2007, « il a mûri. Il regarde les choses avec plus de hauteur », assure Yann Wehrling. En 2012, ce sera sa troisième campagne présidentielle. Cette fois-ci, le Béarnais rêve de l’emporter, comme y parvinrent dans le passé, et à la troisième reprise, François Mitterrand, puis Jacques Chirac. « La troisième, c’est la bonne », murmure-t-on dans les couloirs du Modem. François Bayrou, en tout cas, y croit. Parce que « la présidentielle, c’est dans mes tripes ».

Julie Mendel

Le détail du sondage (pdf)


Jacques Attali invité de François Bayrou

MA Kraft - 19-06-2011


UNIVERSITE POPULAIRE - JACQUES ATTALI par mouvementdemocrate

Mercredi 15 juin 2011, François Bayrou recevait Jacques Attali dans le cadre de l'université populaire du Mouvement Démocrate, pour l'inviter à exposer sa vision du monde actuel, de l'Europe et de la crise des dettes,..


UNIVERSITE POPULAIRE - JACQUES ATTALI par mouvementdemocrate 

Comme le résume le site du MoDem :

" La valeur qui l’a emporté ou qui est en train de l’emporter dans le monde est celle de la liberté individuelle, que symbolise en politique et en économie le triomphe de la démocratie et du marché, dans le cadre d’une dynamique qui s’auto-entretient, et qui se généralise, comme le montrent les évolutions récentes en Egypte, en Tunisie ou en Chine.

L’Occident souffre d’une fatigue par rapport au développement. La crise mondiale de 2008-2010, partie de la crise des subprimes, était à prévoir. Les mesures prises pour la contrer se sont soldées par un transfert des dettes privées vers la dette publique des Etats. L’Etat se retrouve dans une position de faiblesse extrême, ne pouvant, politiquement, ni augmenter les impôts, ni faire baisser les dépenses pour résorber cet endettement.

Face à la crise, l’attitude consiste le plus souvent à s’écrier "Pas ça, pas moi, pas maintenant", et ce faisant à retarder l’échéance, le moment de payer cette dette. A cet égard, les sommets du G20, que Jacques Attali surnomme le "G vain", lui apparaissent comme des réunions d’Alcooliques anonymes qui se promettent de ne plus boire et fêtent ça autour d’un dernier verre...

Jacques Attali a dressé un parallèle entre gouvernance européenne et gouvernance mondiale : la crise européenne est révélatrice de ce qu’on pourrait vivre à l’échelle planétaire. Aujourd’hui, la zone euro se trouve dans l’impasse : en prenant la décision de faire la monnaie unique, les dirigeants européens savaient que celui-ci ne durerait et ne serait viable que si on mettait en place un fédéralisme budgétaire, en raison des différences de compétitivité. L’élargissement à l’est a rendu les choses ingérables. "Sans un Ministre des Finances européen et sans fédéralisme budgétaire, l’euro est mort."

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"En 2012, celui qui gagnera, c'est celui qui sera le plus vrai"

AFP - 18-06-2011

F Bayrou Le président du MoDem, François Bayrou, probable candidat à l'élection présidentielle, a affirmé vendredi que le gagnant de la course à l'Elysée en 2012 serait le candidat "le plus vrai".

"En 2012, celui qui gagnera, c'est celui qui sera le plus vrai", a affirmé M. Bayrou, en marge d'une visite de quartier à Lucé (Eure-et-Loir), dans l'agglomération de Chartres.

"On a besoin de vrai, de vérité et d'authenticité. Les gens ont besoin d'être certains que celui qui leur parle ne leur raconte pas d'histoires. Ils ont compris qu'il n'y avait pas de compte bancaire sur lequel on peut tirer et faire des chèques autant qu'on veut", a-t-il affirmé, en parlant des déficits de la France.

"Si vous réfléchissez à toutes les années passées, les gens sont révoltés d'avoir entendu des choses qui n'étaient pas vraies et des promesses qui n'ont pas été tenues", a ajouté M. Bayrou.

Interrogé par la presse sur sa probable candidature à l'élection présidentielle, le président du MoDem a affirmé qu'il s'exprimerait "en temps utile".

M. Bayrou était en visite à Lucé où il a rencontré des habitants et débattu, lors d'une table ronde, avec des personnes de la société civile impliquées dans l'insertion professionnelle.


« François Bayrou est un point d'ancrage »

Sud Ouest 15-06-2011

Charles BocquetCharles Bocquet, 27 ans, a pris la tête des Jeunes démocrates des Pyrénées-Atlantiques.

« Sud Ouest ». Vous venez de succéder à Florence Lasserre au poste de président des Jeunes démocrates (1). Quel est le but de ce mouvement ?

Charles Bocquet. Tous les partis ont un mouvement jeune. Certains voient cela comme une mise à l'écart du mouvement. Au contraire, pour moi, c'est une possibilité de liberté de parole et un moyen de faire monter les jeunes. Nous abordons différents sujets : l'emploi, le vivre ici. On ne s'interdit rien mais on essaie de donner notre vision sur la société.

Vous êtes allé rencontrer les Indignés de Madrid ? Que pensez-vous de ce mouvement ?

C'est un mouvement qui prend racine dans l'histoire et le schéma politique de l'Espagne, qui connaît un taux de chômage très fort chez les jeunes de 45 % pour les moins de 30 ans. Les gens ont élu un gouvernement socialiste et se rendent compte que forcés par la crise, les socialistes mettent en place une politique conservatrice. Ils ont l'impression que leur vote n'est pas respecté. Nous, on les soutient. Ce qu'on propose, c'est justement la 3e voie, depuis longtemps. Remettre l'homme au centre, pratiquer une politique humaniste et démocratique.

L'homme au centre ? Tous les partis le disent, ce n'est pas très original…

Nous mettons en avant certains points-clés comme l'éducation. Il n'est pas normal qu'on tolère encore des jeunes qui sortent de l'école sans les fondamentaux. Nous souhaitons aussi une relocalisation, refaire venir les entreprises en France. Nous avons besoin d'un tissu de PME qui ferait un lien. Moi, je travaille au Pays Basque espagnol et je vois comment les entreprises de taille moyenne sont importantes.

François Bayrou est votre modèle ?

Ce qu'il dit est juste, si on prend le temps de l'écouter. Dès sa campagne de 2007, il parlait du danger de la dette. Ses propositions sont souvent reprises par les autres partis, il est un point stable dans le paysage politique français, une voix qui mérite d'être relayée. On sort de la course aux promesses.

Comment expliquez-vous son isolement et l'absence de succès aux dernières élections ?

Lui son idée est de sortir du système binaire droite-gauche. Certains nous ont lâchés pour retrouver une sécurité. Si nous avons des valeurs, il ne faut pas penser à son confort personnel. Nous ne choisissons pas le chemin de la facilité, nous avons été suffisamment raillés mais, on le voit, les convictions restent fortes. François Bayrou est un point d'ancrage dans le paysage politique français. J'espère qu'il sera candidat en 2012.


François Bayrou sur Twitter

Mouvement Démocrate 12-06-2011

Jeudi 9 juin, François Bayrou, président du Mouvement Démocrate, s'est à nouveau prêté au jeu des questions/réponses avec les internautes. En toute franchise, avec sérieux mais aussi humour et décontraction, il a une fois encore démontré sa connaissance des nouvelles technologies et réafformé son engagement pour la liberté du Net.

FB Twitter

Parmi les sujets abordés :

-mariage homosexuel
-sa candidature aux présidentielles
-les candidatures Borloo/morin
-l’éducation nationale (passage en 6eme , priorité ,
-les radars
-les élections législatives
-l’affaire DSK
-l’éthique en politique
-les primaires chez les écologistes
-l’élargissement de l’Union Européenne
-accès aux documents audio et vidéo de l'INA
-la binationalité
-la dette publique aux USA
-le cumul des mandats
-le nucléaire en France
-Hadopi
-les énergies renouvelables

Télécharger le dialogue (pdf)


La parenthèse Europe-Ecologie se referme

David Guillerm 10-06-2011

David GuillermLe weekend dernier avait lieu le Congrès National d’Europe-Ecologie les Verts. Cécile Duflot aura réussi à garder son poste de Secrétaire National qu’elle détient depuis 2006. L’affaire aura fait couler l’encre de la presse. Duflot a pulvérisé Daniel Cohn-Bendit et sa motion qui prônait le retour aux sources et à une Europe-Ecologie beaucoup plus ouverte dans la lignée de ce qui avait marché aux européennes.

Plus qu’un épiphénomène, la reconduction de Duflot et la mise en minorité de Cohn-Bendit signe le retour en force et la prise de contrôle total des Verts sur la structure d’Europe-Ecologie. Nous avions déjà pu observer ce phénomène lors des régionales où de vives tensions avaient eu lieu lors de la constitution des listes écolos.

Daniel Cohn-Bendit et ses soutiens l’ont d’ailleurs dit : «  60 % des gens n'ont pas participé, c'est notre échec collectif », a réagi l'eurodéputé Yannick Jadot, signataire de la motion Cohn-Bendit, ne voyant «  pas une bonne nouvelle » dans le fait qu' «  une partie de ceux qui ont construit Europe Ecologie se retrouvent dans la minorité  ». Pour un autre proche de « Dany », Franck Laval, «  Les Verts ont repris la main  ». Daniel Cohn-Bendit et Marie Bové, fille de José et numéro deux sur la liste, entendaient «  débureaucratiser  » le mouvement, qui n'est «  pas à la hauteur de l'espoir  » né des européennes de 2009.

N’oublions pas qu’Europe-Ecologie est à l’origine un peu le bébé de Cohn-Bendit. Sa mise en minorité et la prise de contrôle du mouvement l’a totalement refroidi et risque de laisser beaucoup d’orphelins qui aimaient sa méthode. Pour Daniel Cohn-Bendit «Notre défaite à nous, c'est de ne pas avoir réussi à mobiliser au-delà d'un cercle de sympathisants restreint» et c'est aussi de s’être laisser bouffer par des réseaux d’apparatchik que Cecile Duflot n’aura pas eu de mal à activer pour les votes. La parenthèse Europe-Ecologie se referme. C’est le retour de la structure Les Verts que nous avons vu le weekend dernier.

Avec Cohn-Bendit, l’écologie avait commencé à tendre vers le Centre, prenant exemple sur les Verts allemands, et avait réussi à réaliser de beaux succès comme aux européennes. C’est maintenant une page qui se tourne car le trublion l’a dit: « Pour moi, en tout cas, la phase parti c'est terminé. Je suis au niveau européen, point à la ligne».

Personnellement je trouve dommageable que la ligne de l’ouverture et de la modération est échouée dans cette affaire. Comme chacun le sait, je suis, comme beaucoup de notre génération, très attentif aux problématiques posées par notre environnement et je crois que le développement durable doit être l’ossature de tous les projets. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’en 2007, j’ai adhéré au Mouvement Démocrate avec son projet porté sur l’humanisme et le développement durable.

Je crois vraiment que la réponse est là et les nombreux mouvements de la vie politique française le prouvent avec la plupart des partis qui accolent aujourd’hui l’écologie à leurs slogans. Pourtant, comme dans l’industrie, il faut faire attention en politique au greenwashing et rester toujours attentif aux actes.

Personnellement je continue à penser que notre mouvement, le MoDem, avec ses personnalités comme Yann Wehrling, notre porte-parole, construit son projet autour de ces valeurs et qu’elles seront comme en 2007, un axe fort de notre campagne présidentielle en 2012. Notre différence se fera certainement dans notre approche. Pour nous, l’écologie n’est pas une idéologie, mais un moyen d’atteindre des objectifs, les nôtres étant l’humanisme, l’équilibre et une répartition plus équitable des ressources.

Le développement durable doit prendre en compte le capital environnemental mais aussi le capital culturel et surtout l’Homme.


2012 : vers la bataille du centre

NouvelObs 2-06-2011

La bataille du centre se précise. Elle devrait opposer le président du Mouvement Démocrate (MoDem), François Bayrou, dont la candidature à la présidentielle de 2012 ne fait guère de doute, au président du Parti Radical, Jean-Louis Borloo.

Dans un entretien à la Voix du Nord, mardi 31 mai, l'ancien numéro 2 du gouvernement Fillon a fait un pas de plus vers la candidature, sans toutefois franchir le Rubicon puisqu'il se déterminera officiellement qu'entre l'été et l'automne.

"Je me prépare pour gagner !

"Je me prépare pour gagner ! Je suis totalement en phase avec le calendrier que je m'étais fixé et personne ne m'en imposera un autre", a ainsi expliqué le député du Nord au quotidien de sa région. Symbole non négligeable, Jacques Chirac y avait officialisé sa candidature à la présidence de la République en 1995.

Figure de proue de la Confédération des centres, Jean-Louis Borloo devrait représenter cette alliance d'anciens centristes de la majorité, qui rassemble, outre le Parti Radical, le Nouveau Centre d'Hervé Morin, la Convention Démocrate d'Hervé de Charette et la Gauche Moderne de Jean-Marie Bockel.

A ceux -au Modem et dans la majorité- qui ne manquent pas de fustiger cette volte-face, Jean-Louis Borloo rappelle qu'il n'est "pas né en politique par la grâce de l'UMP", et qu'il entend "proposer aux Français un chemin différent, indépendant" de la majorité actuelle.

"Le beurre et l'argent du beurre"

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