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Assemblée nationale : François Bayrou s'oppose à la suppression des allocations familiales en cas d'absentéisme scolaire

30-06-2010 Mouvement Démocrate

La lutte contre l'absentéisme scolaire est une exigence pour les pouvoirs publics. Car c'est le signe, non pas avant-coureur mais dernier de l'échec scolaire qui signifie exclusion, et galère tout au long de la vie.

Mais dans ce combat pour donner à tous les jeunes une formation et un savoir, c'est-à-dire les clés de la réussite et de l'épanouissement social et personnel, la suppression des allocations familiales ne résout rien. C'est même un constat d'échec pour notre société. Pour des familles en grande difficulté qui ont perdu l'autorité, dont les enfants n'ont plus de repère, il faut un long et lent travail d'accompagnement, de suivi, pour que la responsabilité parentale retrouve un sens. C'est notre politique familiale et éducative qui doit repensée.

De ce point de vue, la proposition de loi UMP ne s'attaque en aucun cas les causes de l'absentéisme scolaire, et n'aboutira en réalité qu'à fragiliser un peu plus des familles en situation déjà difficile.

Indépendance et pragmatisme

29-06-2010 - Adrien Debever (MoDem 33)

Adrien DEBEVERCes dernières semaines, les prises de position et les rencontres de François Bayrou ont pu susciter l’interrogation de certains, voire la surprise d’autres.

En matière de communication politique il faut toujours prendre soin de ne pas tirer de conclusion hâtive et de ne pas s’arrêter aux premières impressions.
Il convient de prendre un peu de recul, de replacer les événements dans leur contexte et de faire une analyse stratégique.

Troisième Homme lors du premier tour de l’élection présidentielle de 2007, François Bayrou décide dans l’entre-deux tour de ne soutenir aucun des deux candidats finalistes et en particulier Nicolas Sarkozy, candidat de la droite pourtant alliée historique de l’UDF.

Par cette décision, François Bayrou va au bout de sa démarche engagée quelques années plus tôt : l’indépendance du centre ! Pour porter ce projet d’une troisième voie, ni de droite, ni de gauche, il crée le Mouvement Démocrate (MoDem).

Ce choix n’est pas celui de la facilité car il s’attaque au système bipolaire de la politique française. Cette action frontale condamne à une inévitable et éprouvante traversée du désert. C’est dans un premier temps le départ de beaucoup d’élus importants et proches de François Bayrou, puis le bannissement de l’espace médiatique avant de connaitre une érosion de ses militants.

Parallèlement, le contexte politique depuis trois ans n’a pas simplifié le positionnement du MoDem et l’idée de la troisième voie. Avec un Président de la République qui, par sa gouvernance et ses réformes (bouclier fiscal, suppression des juges d’instruction, politique éducative, nomination du Président de France télévision, retour dans le gouvernement intégré de l’OTAN…), vous pousse chaque jour à vous écarter de lui, et une gauche sans leadership qui incite à tenter un rapprochement, l’image du MoDem s’est ternie. La direction du parti a également plusieurs erreurs à son actif, tant en terme de gestion interne que de communication externe.

Résultat de tout cela : des élections Européennes et Régionales ratées et un positionnement politique qui se brouille comme un mirage en plein désert, quand on perd sa lucidité et que l’on est tenté par les oasis éphémères.

Si le bilan de l’aventure du Mouvement Démocrate ne pourra être tiré qu’à l’échéance des présidentielles 2012 (but ultime annoncé dès 2007 car la vie politique française est rythmée par cette élection), il convient de faire deux premiers constats de cette démarche novatrice sur l’échiquier politique français :

    * Le Mouvement Démocrate a gagné son indépendance (ce qui n’implique pas l’isolement) et le prix payé fut élevé.

    * Le Mouvement Démocrate n’a pas réussi à imposer une troisième voie dans le paysage politique suite aux présidentielles de 2007. Les français n’ont pas souhaité sortir de la bipolarisation lors des Européennes et des Régionales.

Si je continue de penser que la sortie du clivage droite/gauche est la seule solution d’avenir pour la gouvernance de notre pays, il semble que cela n’a pas encore fait son chemin auprès du plus grand nombre. C’est peut-être une question de temps mais aussi de méthode.

L’option solitaire du MoDem lors des trois dernières années a échoué, et cela pousse à l’isolement voire à la disparition.

Face à ce constat, il faut, plus que jamais, entretenir des échanges avec tous les partis républicains afin de rendre possible d’éventuelles alliances de gouvernance le jour venu. Faire alliance n’est en rien un échec ou un renoncement, c’est même assez normal quand on aspire à gouverner. L’idée d’un parti suffisamment puissant pour gouverner seul me semble plutôt dangereux et peu démocratique.

Ce qui compte, ce sont les conditions de l’alliance : celle-ci ne doit pas être perpétuelle et acquise par avance (comme ce fut le cas entre RPR/UMP et l’UDF) sinon ce n’est qu’un leurre pour se partager les postes et ne permet aucune négociation programmatique. Une alliance doit se réaliser pour une mandature donnée et suite à un accord de compromis sur le programme qui respecte les valeurs et l’identité de toutes les parties prenantes.

Ce sera tout l’enjeu des présidentielles de 2012 où une alliance de gouvernement devra se constituer autour du futur Président de la République.

François Bayrou après avoir entretenu des relations avec des personnalités de gauche, ne ferme pas la porte à celles de droite, même à Nicolas Sarkozy qui dans le contexte de la réforme des retraites est moins éloigné du MoDem que précédemment (le PS sous-estimant ce problème et s’enfermant dans des solutions idéologiques irréalistes). Le Mouvement Démocrate reste dans l’opposition par rapport au  gouvernement actuel, mais de façon constructive, et non pas de façon sectaire ni systématique.

En 2012, François Bayrou sera candidat à la Présidence de la République. Le dynamisme qu’il créera autour de son programme et le vote des français influenceront les choix de gouvernance qu’il devra opérer avec pragmatisme pour faire avancer ses valeurs et son projet de Société, mais avec le poids et la force de son indépendance conquise à nos cotés durant cette traversée du désert.

Conseil National du Mouvement Démocrate : La réforme des retraites est indispensable mais elle doit être juste

26-06-2010

Marc Saint Denis
               Marc Saint-Denis , responsable du Mouvement Démocrate 54 ,Conseiller Général de Vandoeuvre lès Nancy ,a participé au Conseil National du Mouvement Démocrate le 26 juin à Paris. Il nous rapporte une résolution en 9 points, adoptée à l'unanimité. Le Mouvement Démocrate a rappelé l'impérieuse nécessite de mener la réforme des retraites pour faire face aux enjeux démographiques et budgétaires auxquels la France est confronté.

1- la réforme des retraites est vitale et ne saurait être différée .Si la France ne réussissait pas à conclure cette réforme , le pays se trouverait en danger .
2- la réforme doit s’accompagner d’une conquête de la production et donc d’une reconquête du travail tant en nombre d’emplois qu’en qualité du travail .
3- pour sauver les retraites par répartition , la réforme ne peut éviter de répondre au défi démographique
4- nous considérons qu’il est raisonnable de faire glisser progressivement l’âge légal à partir duquel on peut faire valoir ses droits à la retraite de 60 à 62 ans
5- des conditions de justice doivent être satisfaites pour que la réforme soit acceptable par les Français
6- la proposition liant la reconnaissance de la pénibilité à une invalidité constatée de 20% donnant lieu de surcroît au versement d’une rente pour maladie professionnelle ou accident de travail n’est pas recevable
7- la volonté de déplacer de 65 à 67 ans l’âge du départ à la retraite sans pénalisation pour les carrières incomplètes est inacceptable ! 62 ans oui , 67 ans non !
8- il manque dans la proposition du gouvernement une orientation de justice très attendue des Français :l’égalité devant la retraite  
9- enfin l’équilibre financier à court terme des régimes de retraite n’est pour nous ni acquis ni même approché par les timides décisions annoncées .Cet équilibre financier demeure pour nous une très lourde préoccupation .

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Retraites : il en va de notre avenir

Alternatives Economiques - 25-06-2010

En ajoutant des mesures injustes à un système complexe et illisible, la réforme est loin de pouvoir rassurer les Français sur l'avenir à moyen terme des retraites par répartition.

La contestation du projet de réforme des retraites est légitime et compréhensible. Rappellons les mesures clefs proposées par le gouvernement : l'âge minimal de départ devrait être porté à 62 ans en 2018 ; l'âge auquel on a droit à une retraite à taux plein même sans avoir cotisé suffisamment serait porté, lui, à 67 ans ; enfin, la durée minimale de cotisation serait prolongée à 41,5 ans en 2020.

Ces mesures posent de nombreux problèmes. Repousser l'âge minimal de départ touche tout d'abord au premier chef les personnes qui ont commencé à travailler très tôt. Or, celles-ci connaissent souvent des conditions de travail difficiles et ont une espérance de vie inférieure à la moyenne. Certes, un dispositif devrait permettre à ceux qui ont commencé à travailler à 16 ans de partir à 60 ans, mais cela leur impose quand même une durée de cotisation de 44 ans, très supérieure aux autres. Quant au report à 67 ans de l'âge donnant accès au taux plein, cette mesure touche surtout les femmes qui ont fréquemment des carrières à trous.

La priorité donnée au recul rapide de l'âge de départ en retraite est de toute façon très problématique au moment où le chômage atteint de nouveau des sommets, avec 4,5 millions de personnes inscrites à Pôle emploi en avril dernier, soit un million de plus qu'en 2008. En effet, ces mesures pèseront négativement sur un marché du travail très déprimé.

Le recul des âges de départ devrait permettre d'économiser 20 milliards d'euros en 2020. Le projet de réforme prévoit aussi une hausse du taux de cotisations retraite des fonctionnaires de 7,85 % aujourd'hui à 10,55 % en 2020. Cet alignement sur le privé n'est pas choquant en lui-même mais, combiné aux pertes de pouvoir d'achat passées et aux perspectives d'austérité salariale pour les mois qui viennent, il concourt à démotiver des agents auxquels on avait promis pourtant de meilleures rémunérations en échange de la réforme de l'Etat.

Les revenus des plus aisés devraient également être taxés via une hausse d'un point du taux marginal de l'impôt sur le revenu, de 40 % à 41 %. Recettes supplémentaires : 230 millions d'euros en 2011 (0,01 % du PIB). D'autres mesures plus substantielles sont cependant prévues sur certains revenus du capital à hauteur de 1,5 milliard d'euros. Les allégements de cotisation consentis aux entreprises devraient aussi être rognés de deux milliards d'euros. Une mesure qui risque de peser sur les évolutions salariales du privé au cours des prochains mois. Enfin, le Fonds de réserve des retraites sera mobilisé sans attendre 2020 comme prévu lors de sa création en 1999.

En préservant un système complexe et illisible, en prévoyant des mesures injustes, et en ne recherchant pas un large consensus, cette réforme est loin de pouvoir rassurer les Français sur l'avenir à moyen terme des retraites par répartition…

Guillaume Duval

Dette et déficits : pour Jean-Jacques Jégou, "le rapport de la Cour des Comptes confirme ce que disent François Bayrou et le Mouvement Démocrate depuis longtemps"

24-06-2010 Mouvement Democrate

JJ JégouPour Jean-Jacques Jégou, sénateur du Mouvement Démocrate et vice-président de la Commission des finances du Sénat, "la Cour des Comptes ne fait que confirmer ce que disent François Bayrou et le Mouvement Démocrate depuis longtemps."

D'après lui, "les dépenses ont continué à augmenter, les recettes fiscales baissent, les déficits s'accroissent et la dette continue à se creuser... à un niveau devenu aujourd'hui insoutenable. Et tout cela n'est pas seulement le résultat de la crise puisqu'il s'agit en majeure partie de déficit structurel."

"C'est aussi - et la Cour des Comptes l'établit très clairement - la conséquence de la politique menée par le gouvernement depuis 2007", a ajouté Jean-Jacques Jégou. 
Rappelant que François Bayrou a été le premier à alerter le pays des dangers des déficits et de l'aggravation de la dette, Jean-Jacques Jégou a souligné l'urgence des mesures à prendre pour redresser les comptes publics (budget de l'Etat et comptes sociaux) : "le gouvernement a trop attendu et tardé à agir. Nous sommes aujourd'hui dos au mur et nous ne pouvons plus différer les réformes indispensables. Il en va de la crédibilité de la signature de notre pays auprès des investisseurs."

Pour le Sénateur du Val-de-Marne, "le retour de la croissance ne suffira pas, à elle seule, à redresser nos finances publiques." À ce titre, il a jugé "peu réalistes les prévisions de croissance du gouvernement, et peu crédible le plan de redressement gouvernemental de 100 milliards d'euros, puisque établi sur une surestimation des rentrées fiscales."

Jean-Jacques Jégou a estimé que "le redressement des finances publiques passe par la réduction des dépenses de l'Etat mais aussi par la préservation des recettes fiscales, ce qui signifie en finir avec l'accumulation des dépenses fiscales." Il suggère notamment au gouvernement - comme le fait la Cour des Comptes - "de réduire beaucoup plus fortement les niches fiscales et sociales, en particulier en revenant sur le cadeau fiscal que constitue la baisse de la TVA dans la restauration", dont il a proposé la suppression en décembre dernier.

François Bayrou : "Les cigares des uns, les avantages des autres, il faut en finir avec ces privilèges, 220 ans après la Révolution, la France a besoin d'une nuit du 4 août"

20-06-2010 Mouvement Démocrate

François Bayrou a accordé un entretien au quotidien "Le Parisien", dimanche 20 juin.

Le Parisien : Que vous inspirent les inondations dans le Var ? La France n'a-t-elle pas les moyens de mieux prévenir les catastrophes ?

François Bayrou : On est stupéfait devant la faiblesse de nos sociétés qui paraissent ultra-technologiques et qui sont en réalité si fragiles. Pourtant le principe de précaution est partout. Mais à chaque drame, il y a beaucoup d'émotion sur l'instant, puis plus rien après. Il faudrait une institution garantissant qu'après toute catastrophe, les leçons pour le long terme soient vraiment retenues. 


Le Parisien : Allez-vous voter la réforme des retraites ?

François Bayrou : La réforme est indispensable. Ceux qui disent le contraire ne sont pas responsables. Porter l'âge légal de la retraite à 62 ans, c'est raisonnable. En revanche, il y a des injustices inacceptables. Sur la pénibilité, on ne peut qu'exiger après une vie de travail pénible, il faille pour partir à la retraite une invalidité constatée de 20pour cent ! Mais ce qui me paraît le plus inacceptable, c'est le report de 65 ans à 67 ans pour partir sans pénalisation. Car passer de 60 ans à 62 ans, ce n'est pas la même chose que de passer de 65 à 67 ans. Ce sont des années où l'on a avancé en âge, où l'on est plus fragile.

Le financement de cette réforme vous paraît-il juste ?

Il n'est pas équitable. Je déplore le déséquilibre entre l'effort demandé aux salariés et celui demandé aux plus favorisés. La taxation des hauts revenus est cosmétique.

Pourtant, il y a le passage de 40 pour cent à 41 pour cent pour la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu ?

Dans la plupart des pays européens, la tranche la plus élevée se situe à 45 pour cent. Le 1 pour cent supplémentaire, ce n'est pas un effort, c'est faire semblant ! Un saut de 5 pour cent me semblerait bien.

Martine Aubry dit que si la gauche accède au pouvoir en 2012, elle reviendra sur la réforme. Vous y croyez ?

C'est une affirmation qui n'est pas responsable. Et d'ailleurs, elle ne le fera pas. Le PS devrait ouvrir les yeux. Les trois plans les plus durs imposés en Europe l'ont été dans des pays dirigés par des socialistes : Grèce, Espagne et Portugal. L'idée de revenir sur une réforme somme toute raisonnable revient à négliger la menace d'explosion des déficits. Je me refuse à mentir aux Français, même si ce n'est pas populaire.

Vos relations avec Nicolas Sarkozy sont-elles apaisées ?

Je suis en opposition à Nicolas Sarkozy, mais cela n'empêche pas de lui parler, particulièrement pour le mettre en garde. Le dialogue entre responsables, ce devrait être un devoir. Tous les décideurs devraient échanger leurs idées et leurs solutions, même et surtout lorsqu'ils ne sont pas d'accord entre eux, surtout en temps de crise.

Mais Nicolas Sarkozy vient mardi dans votre circonscription...

Il vient visiter la plus grande usine de moteurs d'hélicoptères du monde, qui fait la fierté de ceux qui y travaillent et de toute une région. Cette usine est pour ainsi dire dans mon village et je n'irai pas ? Je m'oppose, durement s'il le faut, mais ce n'est pas la guerre civile.

Dans un livre vous dénonciez ses "abus de pouvoir"...

Je ne changerais à ce livre ni un mot ni une virgule. Je maintiens que les orientations prises depuis trois ans vont à l'encontre des intérêts du pays. Je trouve anormal qu'on mélange intérêts politiques et intérêts privés. Exemple, l'opération sur le journal "Le Monde". La manoeuvre vise à ce que certains intérêts, affichés ou dissimulés, prennent le contrôle de ce grand journal.

La démocratie française se porte-t-elle mal ?

Ce qui est accepté chez nous ne le serait dans aucun autre pays. On a accepté que le président de la République nomme directement le patron de la télévision publique. Quelle régression ! Rien n'est plus abusif que d'utiliser le mot "actionnaire" pour parler de l'Etat à propos de l'audiovisuel public. La télévision ou la radio publiques n'appartiennent pas à l'Etat, encore moins au pouvoir, mais au peuple français qui paie la redevance. On rougit d'avoir à rappeler des principes républicains aussi élémentaires, dont plus personne ne semble se soucier.

Est-ce un abus de pouvoir ?

Oui. Nicolas Sarkozy et ceux qui l'influencent systématisent la prise du pouvoir dans les médias.

Vous reviendriez sur ce système si vous étiez élu à l'Elysée ?

Sans aucun doute. Je mettrais en place une haute autorité indépendante chargée de défendre le pluralisme. Et j'inscrirais dans la Constitution l'interdiction de certaines complaisance.

Êtes-vous surpris par les polémiques sur les revenus des ministres ?

Tout pouvoir absolu abuse du pouvoir. Le pouvoir rend stupide. Les cigares des uns, les avantages des autres... Ils ne voient plus de limites. On ne se rend pas compte à quel point les gens sont blessés par ces affaires. Il faut en finir avec ces privilèges, deux cent vingt et un ans après la Révolution, la France a besoin d'une nuit du 4 août.

Il y a un an, Dominique de Villepin voyait un climat prérévolutionnaire...

Les choses ne se reproduisent jamais à l'identique. Mais quelque chose bout dans la société française. Une rage contre tous ces abus.

Avec son nouveau parti, Villepin peut-il capter cette rage ?

Pour lutter contre ces abus, toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. Mais comment peut-on rester adhérent de l'UMP (NDLR : comme Villepin) et prétendre créer un mouvement d'alternative ?

Serez-vous candidat en 2012 ?

C'est la logique, mais on est très loin de 2012. L'orage que nous allons traverser est tel qu'on ferait mieux de se concentrer sur la conduite du bateau. Et pas sur ce qu'on fera lors de la prochaine étape.

Le centre a-t-il un avenir ?

C'est une grande famille politique, selon moi majoritaire dans le pays. Mais elle est minoritaire aujourd'hui parce que certains de ses membres ont accepté d'entrer en soumission d'un côté ou de l'autre. Pour moi, le centre ne peut être qu'indépendant.

Que vous inspire l'équipe de France de football ?

Le match, les insultes d'Anelka, cette ambiance de décomposition, tout cela est révoltant. Ce qui m'a frappé, c'est le nombre de gens qui m'ont dit : "Ce match est à l'image de la France d'aujourd'hui." Trop de communication, trop d'argent et, sur le terrain, comme une résignation. J'aime le foot, mais je trouve qu'on en fait trop à son propos. Cela rappelles les Romains, "panem et circenses", du pain et des jeux du cirque. Il y a des forces qui s'accommodent très bien de ce que les peuples soient détournés des vraies questions.

Propos recueillis par Martine Chevalet et Henri Vernet.

LeMoDem54 se reconstruit : « Rester indépendant ! »

L'Est Républicain 18-06-2010

MoDem 54APRES LA DEROUTE des élections régionales de mars, et le départ de certains cadres, dont son délégué départemental Luc Binsinger, le maire de Saint Nicolas de Port, le MoDem 54 tente de se reconstruire.
Sans président, la section départementale est dirigée par « un bureau transitoire ». A sa tête, Danièle Noël et Marc Saint Denis.
« Il faut se remettre en ordre de marche pour les prochaines échéances que sont les législatives, les sénatoriales et les cantonales », rappelle l’élu vandopérien, avant d’ajouter : « Nous sommes dans une phase de remise en état, il y a beaucoup de nouvelles personnes. La réorganisation devrait être achevée pour cet automne. »

Reconquérir les électeurs
Après « les moqueries essuyées en interne après le score des régionales », le MoDem 54 entend bien travailler à « un projet alternatif. On veut rester indépendants ! Sortir des clivages ! A la différence d’Europe Ecologie, qui est inféodé au Parti socialiste ». Et l’espoir est bel et bien présent dans le camp démocrate pour les cantonales.
« Nous possédons un réservoir intéressant sur les communes du Grand Nancy. Notamment à Jarville, avec JeanPierre Hurpeau, et Laxou, avec Laurent Garcia », argumente Marc SaintDenis qui, par ailleurs, aimerait bien « fédérer les élus démocrates du conseil général. On peut rester indépendants même si on vote certaines décisions du PS ».

C’est pour remettre la machine en route que Marc Fesneau, secrétaire général du Mouvement démocrate, a fait étape hier en Meurthe et Moselle pour une rencontre avec les adhérents, programmée  le  soir  à Vandoeuvre. « Il faut que l’on parvienne à remobiliser notre électorat. Aux dernières élections, moins de 50 % de nos électeurs de 2007 ont voté. Il faut les reconquérir, relancer les adhésions et revoir notre communication en interne », explique le représentant de
François Bayrou, qui confirme au passage que « pour la Meurthe et Moselle, nous faisons confiance à Danièle Noël et Marc Saint Denis pour faire tourner la structure
départementale ».

YannickVERNINI

Réforme des retraites : le Mouvement Démocrate estime que le projet gouvernemental n'est pas équitable

Mouvement Démocrate 17-06-2010

Suite à la présentation ce mercredi par le gouvernement du projet de réforme des retraites, le Mouvement Démocrate estime que ce projet n'est pas équitable :

1- La réforme des retraites est nécessaire. Elle ne peut pas être sans efforts. Mais lorsque les efforts ne sont pas équilibrés, ils ne sont pas acceptés.

2- Pour obtenir une réforme équilibrée, il fallait répondre à quatre exigences : dans le court terme, des ressources nouvelles qui suppriment le déficit ; dans le moyen terme, une politique qui permette un plus grand nombre d'actifs au travail par rapport au nombre de retraités -donc une politique crédible de création de travail- ; en même temps, un glissement de l'âge légal de départ en retraite, nécessairement accompagnée de mesures en faveur des carrières longues, de la pénibilité, et d'un filet de sécurité pour les carrières incomplètes - ; dans le long terme, enfin, la réflexion sur un nouveau système, unifié, de retraites.

3- Le plan n’est pas convainquant en matière de ressources nouvelles. On ne peut donc en attendre un rééquilibrage durable. L’augmentation de 1 pour cent de la dernière tranche de l’impôt sur le revenu (de 40 pour cent à 41 pour cent) n’est même pas symbolique. Les prélèvements sur les revenus du capital sont à peine esquissés. En vérité, là où l’on attendait un effort demandé aux plus favorisés, on a quelques mesures pour faire semblant. L’équilibre des efforts entre le bas et le haut de la pyramide sociale n’est pas équitable.

4- L’utilisation du fonds de réserve des retraites pour amortir les déficits d’ici à 2020 est la conséquence de ce déséquilibre. C’est ruiner une idée qui, pour une fois, était prévoyante. La France mettait de côté des sommes importantes, pour faire face au déséquilibre démographique attendu du « papy-boom ». On était encore très loin de l’objectif fixé. Mais cette « épargne nationale » va être immédiatement utilisée. C’est le choix du court terme face au long terme.

5- La question d’une politique pour la production et le travail, l’encouragement à la création d’emplois est presque totalement absente du plan gouvernemental. Or si l’on ne trouve pas des emplois nouveaux, pour les jeunes et les plus de cinquante ans en particulier, aucune réforme des retraites n’a la moindre chance de marcher.

6- Pour nous, le seuil des 62 ans en 2018 est acceptable. Cet âge aurait pu être atteint au rythme d’un trimestre supplémentaire par an en commençant au 1er janvier 2011. Le gouvernement a choisi un glissement de quatre mois par an, mais en commençant plus tard, au 1er juillet 2011. Des dérogations sont prévues qui maintiendront l’âge de 60 ans pour les salariés entrés dans la vie professionnelle avant 18 ans. L’augmentation prévue de la durée de cotisation est modérée (un trimestre supplémentaire). Sur ces deux points, importants, sous réserve de précisions, nous pensons que la réforme n’a pas commis d’erreur majeure.

7- Pour la pénibilité, après la réflexion des partenaires sociaux sur les éléments objectifs qui la définissent (port de charges lourdes, travail de nuit, exposition au bruit, exposition aux produits chimiques), le gouvernement a choisi un examen individuel diagnostiquant une dégradation précoce de l’état de santé. Ce n’est pas vraiment juste car la pénibilité supportée longtemps, en soi, avec ou sans conséquences détectables (certains troubles ou maladies graves peuvent mettre longtemps à apparaître) devrait entraîner un droit à la retraite plus précoce.

8- La décision la plus injuste, et pour nous inacceptable, c’est la modification du seuil de 65 ans qui permettait de liquider sa retraite, avec les droits acquis, même incomplets, mais sans pénalisation. Cette disposition concerne les salariés les moins favorisés, très souvent les femmes ayant élevé des enfants, ou tous ceux qui ont eu des difficultés de carrière, qui ont « galéré ». C’était un filet de sécurité. Ce déplacement est injuste : il atteint les plus faibles, et les années après 65 ans sont plus sensibles que les années après 60 ans, - on avance en âge. De surcroît, c’est un artifice comptable : la plupart des salariés concernés ne sont plus au travail, ils sont au chômage de longue durée et attendent cet âge pour liquider leur retraite. Il s’agit donc en fait d’un transfert de charges des caisses de retraite vers les caisses d’indemnisation du chômage.

9- Les efforts demandés aux fonctionnaires, et dans quelques années aux régimes spéciaux, correspondent à une réelle attente des Français en termes de justice et d’égalité devant la retraite. Mais ils auront des conséquences sur le pouvoir d’achat, dont il faudra tenir compte dans la politique à suivre à l’égard de la fonction publique.

10- Enfin, le gouvernement n’a pas accepté d’ouvrir la réflexion sur le régime de retraites de l’avenir, le seul capable de sauver les retraites par répartition, le régime de retraites unique à points, ou à comptes personnels, qui seul autorise en même temps l’équilibre des comptes et la souplesse du choix personnel de chaque salarié, qui connaît à tout moment ses droits et peut choisir l’âge à partir duquel il les exercera. C’était une occasion unique, au moment où plusieurs organisations syndicales ou politiques demandaient une telle réflexion, d’ouvrir, sans pression, des pistes pour l’avenir.

11- En l’état, ce projet n’est pas équitable. Nous allons donc participer au débat, notamment à l’Assemblée nationale et au Sénat, pour que les changements indispensables rendent, si c’est encore possible, cette réforme plus équilibrée et plus juste.

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François Bayrou : "Je ne donnerai pas mon assentiment au dépôt de bilan de la France"

Mouvement Démocrate 15-06-2010

François Bayrou était l'invité de l'émission "Mots Croisés" animée par Yves Calvi, lundi 14 juin, sur France 2.

Il a répondu principalement aux questions relatives à l'état des finances de la France, et il a débattu avec Christophe Barbier, Bernard Maris et Eric Zemmour sur les moyens pour résorber les déficits de la Nation.

Mots croisés


François Bayrou en faveur d'un système de retraites personnalisées

Sud Ouest 14-06-2010

« Sud Ouest ». Vous avez rencontré Nicolas Sarkozy deux fois ces dernières semaines. Pourquoi avoir accepté ces rencontres ?

F BayrouFrançois Bayrou. Chaque fois qu'une décision grave est en jeu, les responsables publics devraient échanger leurs idées, librement. La France est devant une situation terriblement inquiétante du point de vue des déficits et de la dette, comme je l'annonce depuis des années. Le déficit du pays, c'est les retraites, plus l'Assurance maladie, plus le budget de l'État. Puisque les retraites sont le premier dossier qui vient, la France doit donc réussir une réforme des retraites courageuse et juste. Pour défendre ces principes de justice, j'ai donc rencontré non seulement Nicolas Sarkozy mais aussi le Premier ministre, le ministre du Travail et le conseiller aux affaires sociales du président de la République.

Selon vous, pourquoi Nicolas Sarkozy l'a-t-il fait savoir ?

Y a-t-il des arrière-pensées dans la publicité donnée à ces rencontres ? Peu importe. Je ne participe pas à ce genre de jeu. Tout président de la République devrait rencontrer régulièrement les leaders syndicaux comme les responsables de l'opposition, pour parler franchement avec eux.

Qu'avez-vous dit sur les retraites ?

Je ne partage pas la thèse de ceux qui prétendent qu'on pourrait ne pas toucher, même progressivement, à l'âge légal de 60 ans. Quand, avec les années du baby-boom, le nombre de retraités augmente sans cesse et que, parallèlement, le nombre d'actifs baisse, la situation n'est pas tenable. En revanche, il y a trois impératifs de justice sociale sur lesquels je ne transigerai pas, qui sont la pénibilité, la retraite de ceux qui sont entrés très tôt dans la vie professionnelle et la question cruciale du filet de sécurité à 65 ans, dont personne ne parle en dehors de nous et de la CFDT.

À ce propos, François Chérèque a cité le Modem comme un parti qui pourrait l'épauler dans le débat parlementaire…

Il a raison. Je partage beaucoup des principes de la CFDT. J'ai un point de désaccord : la CFDT a choisi, comme le PS, l'allongement de la durée de cotisation. Or, celle-ci est une menace directe sur tous les jeunes qui font ou ont fait des études. Avec 42 ou 43 ans exigés, le jeune qui ne commence à travailler qu'à 25 ou 26 ans n'aurait donc sa retraite qu'autour de 68 ou 69 ans. Avec les périodes de chômage, de moins en moins de gens auront assez d'années de cotisations. Nous voulons défendre le filet de sécurité des 65 ans qui permet à tout salarié dont la carrière est incomplète (par exemple les femmes qui ont repris le travail après avoir élevé des enfants) de partir sans pénalités. Et nous avons un grand point d'accord avec la CFDT, c'est de refondre un jour tous nos régimes de retraite en les rapprochant, publics et privés, autour d'un principe de retraites à points ou à comptes personnels qui permettrait à chacun de savoir où il en est à tout moment et de choisir librement l'âge de son départ.

La réduction des déficits publics n'est-elle pas dangereuse en pleine crise économique ?

Nous n'aurons pas le choix, sinon la hausse des taux d'intérêt pour la France va nous amener en situation de surendettement. La Grèce, le Portugal et l'Espagne, trois gouvernements socialistes, ont pris des mesures très lourdes. Ils ne l'ont pas fait de gaieté de cœur. Si on ne fait rien, je vous mets en garde : on ira comme eux vers la baisse du salaire des fonctionnaires et la baisse des retraites. Je ne serai pas complice.

Vous n'êtes pas d'accord avec le plan proposé par le PS pour les retraites. Le temps du dialogue est-il achevé ?

Si le PS avait proposé des mesures justes et réalistes, j'aurais été heureux de les soutenir avec eux. Mais ce que tout le monde a retenu du projet du PS, c'est qu'on pouvait, en faisant payer les autres, les banques par exemple, retarder les efforts. Je ne crois pas qu'on puisse le faire.

Ce projet a été élaboré et voulu par Martine Aubry…

Martine Aubry est quelqu'un que je respecte. Mais elle a décidé de jouer les primaires par une ligne très à gauche. Au gouvernement, une telle ligne ne serait pas tenable six mois. Dominique Strauss-Kahn, Manuel Valls et Gérard Collomb ont exprimé les mêmes réserves que les miennes. Et beaucoup d'autres le disent en privé.

Aux dernières régionales, seul Jean Lassalle a dépassé les 10 % pour le Modem. Votre future campagne présidentielle sera-t-elle aussi fondée sur l'indépendance ?

D'abord j'ai été très fier qu'il ait eu le succès que vous connaissez. J'ai été aussi très fier que ce soit sur la ligne de l'indépendance. Pour le reste, présidentielle et régionales, ce n'est pas la même chose. Nous n'y sommes pas encore, et si les gens savaient ce qui va se passer d'ici là ils feraient attention avant de s'exprimer.

Combien le Modem compte-t-il d'adhérents aujourd'hui ?

Plusieurs dizaines de milliers. Mais on ne connaîtra le chiffre exact qu'au 31 décembre.

F Bayrou : « Il n’est pas question que je me rallie aux uns ou aux autres »

La Croix 10-06-2010

Dans un entretien exclusif à «La Croix» mercredi midi 9 juin, le président du Modem réfute toute idée de manoeuvre ou de ralliement à l'un ou l'autre camp, mais se dit prêt à accepter des compromis

La Croix : Le centre droit et le centre gauche, est-ce pour vous le centre ou une partie de la droite et de la gauche ?

François Bayrou : Le centre ne peut être qu’indépendant. Chaque fois que quelqu’un éprouve le besoin d’ajouter l’adjectif (droit ou gauche) au nom (centre), c’est qu’il ne croit pas à la force du centre. Le centre, ce n’est pas un sous-produit de la droite et de la gauche, ce n’est pas « entre » la droite et la gauche, mais « autre » que la droite et la gauche.

Le centre, c’est deux choses : d’abord le choix du pluralisme contre la bipolarisation ; ensuite un projet et des valeurs différentes des deux partis actuellement dominants.

Un exemple : à droite comme à gauche, il y a un « fétichisme » de l’État : à droite, on rêve que l’État commande tout ; à gauche, on rêve que l’État pourvoie à tout. Or, il s’agit dans les deux cas d’une conception jacobine. J’ai une conception différente, plus girondine : je crois que la société doit se prendre en main ; la vie locale, l’entreprise, l’association, la famille, ce doit être aussi fort que l’État.

Et qu’est-ce qui vous distingue des centristes de la majorité (Nouveau Centre, radicaux, etc.) ?

J’ai refusé d’avaliser les dérives du pouvoir actuel tandis qu’ils les ont approuvées. Je suis dans l’opposition, ils sont au gouvernement et dans la majorité. Comment peuvent-ils contester aujourd’hui ce qu’ils ont applaudi hier et ce qu’ils votent tous les jours ? C’est cela la grande différence entre nous. Mais je n’ai pas oublié qu’ils ont été mes compagnons. Nous formons une famille politique. Elle se reconstituera. La période des recompositions politiques n’est pas terminée.

Le PS reste-t-il pour vous un interlocuteur possible ?

Il y a beaucoup de personnes au PS avec qui je me sens en phase, sur le plan intellectuel : Dominique Strauss-Kahn, Manuel Valls, Gérard Collomb, et bien d’autres encore issus du courant Delors-Rocard. Ma liberté, c’est de parler avec tous les responsables du champ démocratique français.

Vous avez été très sévère avec Nicolas Sarkozy, vous paraissez l’être un peu moins ces derniers mois…

Je suis très sévère à juste titre. Je m’oppose à Nicolas Sarkozy sur toutes les orientations qui sont pour moi dangereuses et erronées pour le pays et son histoire : faire de l’argent et de la réussite financière une valeur de société, la marchandisation de la société, traiter l’école comme une variable d’ajustement, ne pas respecter la séparation des pouvoirs, se comporter plus en chef de parti qu’en chef de l’État, vouloir verrouiller les médias, publics ou privés. Toutes ces critiques, je les assume. Ce que j’ai dit depuis trois ans, ce que j’ai écrit dans mon livre Abus de pouvoir (Plon), je ne vais pas l’effacer ou l’estomper.

Mais aujourd’hui, nous sommes devant une question majeure : celle des retraites. Toute ma vie, je me suis battu contre les déficits. Les Français savent que j’ai fait de ce sujet un avertissement central de ma campagne présidentielle de 2007. J’ai dit que si la réforme était raisonnable et juste, j’étais prêt à assumer le choix de la soutenir.

Je pose donc aujourd’hui trois conditions pour le soutien du MoDem. Une disposition qui rende justice aux carrières longues, à ceux qui ont commencé à travailler à 14, 15 ou 16 ans. Une autre qui prenne en compte la pénibilité de certains métiers. Enfin, le plus important de tout, pour quoi je me battrai comme un chien, et dont personne ne parle : le maintien du « filet de sécurité » des 65 ans. Les femmes qui ont élevé des enfants, ceux qui ont été au chômage, tous ceux-là n’ont pas les annuités mais ont la possibilité de partir à la retraite sans pénalisation à 65 ans. C’est la mesure la plus sociale, parce qu’elle s’adresse aux moins favorisés.

Pour l’instant, ces trois conditions ne sont pas remplies. Je multiplie les messages pour qu’elles le soient.

Vous avez approuvé la perspective d’inscrire dans la constitution la limitation des déficits.

Je ne l’ai pas approuvée, je l’ai proposée depuis dix ans. Seule la Constitution peut obliger les gouvernements à être raisonnables. Mais, comme le souligne le PS, une majorité ne doit pas ligoter la suivante. C’est une objection fondée. C’est un grand débat, peut-être le plus important de la décennie. C’est donc au peuple d’en décider par référendum.

Les responsables de la majorité laissent entendre qu’il y aurait un « réchauffement » entre vous et Nicolas Sarkozy. Qu’en est-il ?

L’idée que je pourrais « dealer », entrer dans une manœuvre avec qui que ce soit, est une idée enfantine ! Si j’avais voulu faire des manœuvres, il y a longtemps que j’aurais accepté les propositions diverses et variées, les dorures, les privilèges, les chapeaux à plumes. Or je me suis inscrit, volontairement, dans le dur et austère chemin de l’opposition, sur les principes !

Le terme de « réchauffement » est donc inapproprié ?

Il y a un terme qui est approprié : celui de responsabilité. Dans la tempête que nous traversons et que nous allons encore traverser – cette crise est la plus grave que la France ait jamais connue depuis la guerre –, je revendique le dialogue entre les hommes responsables. Je parle avec les leaders du PS.

Je parle avec les responsables de l’exécutif : le premier ministre et le président de la République. Certains le rendent public, d’autres pas. Et je parle évidemment aussi avec ceux qui sont comme moi issus de l’UDF et dont j’ai été séparé par le débat que nous avions sur la juste politique suivie. Croyez-moi : personne n’a la vérité à lui tout seul ! Pas plus les gouvernants que les opposants. Il faut donc parler, confronter les idées pour trouver le juste chemin.

En même temps, si les erreurs ou les fautes commises ces trois dernières années se perpétuent, je les dénoncerai avec la même implacabilité.

Quelles leçons avez-vous tiré de l’échec du MoDem aux élections régionales ?

Il y a des moments où l’on n’est pas compris. Et puis, nos candidats étaient nouveaux, donc peu connus. Est-ce une raison pour s’arrêter ? Les difficultés ne doivent pas faire peur. Un jour, les Français comprennent, et plus on a résisté aux orages, plus ils ont confiance en vous ! Il n’est donc pas question que je me rallie aux uns ou aux autres. Tout ralliement est contre nature pour moi.

Nos idées sont suffisamment claires et solides pour n’être pas remises en question au moindre vent. Nous pouvons, comme dans les collectivités locales, accepter des compromis, imaginer des contrats. Mais pas question de manœuvres, d’aucune sorte. Surtout quand c’est difficile, il faut être irréductibles. C’est ma ligne de vie.

Recueilli par Laurent de BOISSIEU et Solenn de ROYER

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