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L'évasion fiscale, c'est facile pour les riches : démonstration par Bernard Tapie
Selon une enquête de Charlie Hebdo et de Rue89, Bernard Tapie aurait transféré une partie importante de ses biens en Belgique, via la création d'une holding, pour échapper à l'ISF et à la taxation sur les bénéfices issus de la vente de titres de sociétés.
Comme le rappelle aussi Le Figaro en citant Le Canard Enchaîné : "cette opération ne serait pas la seule montée par l'homme d'affaires pour échapper au fisc. Dès les années 1990, Bernard Tapie se serait en effet servi d'une autre société, nommée Superior Ventures Limited, pour dissimuler des sommes d'argent à l'expert-comptable chargé de liquider ses dettes, révèle cette semaine le Canard Enchaîné. Superior Ventures Limited est filiale d'une société établie en Malaisie et détenue pour moitié par Bernard Tapie et pour moitié par André Guelfi."
Au delà de la scandaleuse spoliation du contribuable (double peine : spoliation initiale + sur l'impôt sur le magot reçu), dénoncée en premier lieu par François Bayrou, ceci dévoile l'extrême facilité avec laquelle les gens fortunés peuvent échapper au fisc en toute impunité. Et cela se passe en Europe, entre France et Belgique, même pas dans un paradis fiscal des caraïbes !
Alors que notre dette publique est abyssale (1700 milliards d'euro) et notre déficit public toujours aussi irrésorbable (plus de 100 milliards prévus en 2011, presque 150 milliards d'euros en 2010, triple de celui datant de 2007), la diminution des recettes fiscales annuelles depuis 2000 s'est élevée entre 100 et 120 milliards dont 2/3 en diminution d'impôts, comme en attestait Gilles Carrez l'an dernier (voir cet article de l'Expansion). Cette diminution d'impôt a été réalisée essentiellement au profit des plus riches et des sociétés multinationales (niche fiscale Copé par exemple en 2007, exonérant les plus-values sur vente de titres de filiales), alors que les classes moyennes et les PME continuaient de payer pour les autres. Ce qui signifie que si nous n'avions pas baissé les impôts depuis l'an 2000, nous ne serions pas en déficit aujourd'hui et les inégalités de revenus seraient moins importantes.
Mais, me direz-vous, cela ne servirait à rien de les rétablir puisqu'il est si facile aux personnes fortunées, comme Liliane Bettencourt ou Bernard Tapie nous l'ont démontré, grâce à la création de holdings exonérées d'impôt sur des revenus de dividendes même en France (Téthys pour Bettencourt) ou en Belgique (GBT Holding pour Tapie), d'échapper au fisc dans ce merveilleux paradis fiscal qu'est la France !
2012 Etat d'urgence
C'est le titre du nouveau livre de François BAYROU qui sera publié le 18 aoüt 2011Biographie de François BAYROU :
Les racines de François Bayrou sont pyrénéennes, terriennes et culturelles. Il est né à Bordères (Pyrénées-Atlantiques), le 25 mai 1951, dans une famille d'agriculteurs. Il fait ses études au lycée de Nay, puis à Bordeaux.
En 1974, il est agrégé de lettres. La mort de son père, qui se tue dans un accident du travail, l’oblige à mener de front son métier de professeur et la responsabilité d’une exploitation agricole, dans le village où il est né. Sa femme Elisabeth et lui ont six enfants et pas mal de petits-enfants…
Jeune militant, éditorialiste, François Bayrou est élu député en 1986, président du Parlement de Navarre en 1992.
Passionné par la lutte contre l’illettrisme, il est ministre de l’Éducation nationale de 1993 à 1997. Secrétaire général de l’UDF en 1989, il est élu président de Force démocrate en 1994. Il préside l'UDF depuis 1998, à la suite de la crise provoquée par l’élection de présidents de région avec les voix des élus FN. Il est candidat aux élections européennes de 1999. En 2002, il se présente à l' élection présidentielle où il rassemble deux millions de voix. Entouré d’une équipe expérimentée, il défend l'indépendance de l’UDF et le pluralisme pendant toute la législature.
Il a écrit une dizaine d’ouvrages politiques et historiques, notamment sur Henri IV, les guerres de religion et les grands enjeux politiques. Il est en même temps un croyant et un défenseur de la laïcité.
Ses passions : la littérature, la poésie, et les chevaux. Il aime mener, à la pointe de la plume, les combats culturels ou politiques.
Dette publique, budget européen, rapport média/politique : François Bayrou a raison depuis longtemps
23-07-2011 Antoine Vielilard
La semaine dernière une personne m'a interpellé : depuis plusieurs mois chaque nouvelle chaque jour donne un peu plus raison au diagnostic et aux propositions de François Bayrou lors des élections présidentielles de 2007, pourquoi ne l'entend-on pas plus revendiquer la pertinence de ses propositions ?
Effectivement, la presse quotidienne montre chaque jour à quel point le diagnostic de François Bayrou est pertinent depuis longtemps. En 2007, François Bayrou alertait déjà sur l'impérieuse nécessité de réduire le train de vie de l'Etat, sur l'immoralité des déficits publiques laissés aux générations futures. Pendant ce temps là, le PS promettait une explosion des déficits publics par une augmentation considérable des dépenses : chacun avait droit à ses promesses. L'UMP promettait et à mis en oeuvre la plus grave explosion des déficits publics au travers de réductions massives d'impôts. Hors effet crise, et avant même la crise, aucun Gouvernement n'avait poussé la dette du pays aussi loin.
François Bayrou proposait de fixer des limites constitutionnelles à l'endettement de l'Etat. L'UMP et le PS le refusait.. et le refusent encore. Si l'UMP a proposé récemment de voter une loi constitutionnelle de limitation des déficits ce n'est pas pour imposer une limite.. mais simplement pour un objectif de communication car elle sait pertinement que depuis les élections sénatoriales de 2008, une telle règle ne peut plus être adopté à la majorité des deux tiers du Congrès (Sénat+ Assemblée nationale).
François Bayrou avait alerté sur les risques pesant sur l'Euro tant que nous n'aurons pas une politique européenne forte et concertée. Cela n'est possible qu'au travers d'eurobonds. Lorsque les Etats empruntent de manière séparée ils paient des taux d'intérêts élevés. Lorsqu'ils emprunteront de manière solidaire au niveau européen, ils paieront des intérêts faibles. La crise de la dette aura alors disparu. Martine Aubry le propose aujourd'hui. François Bayrou le proposait il y a 5 ans.
L'affaire Murdoch en Grande-Bretagne revèle la puissance des groupes de média concentré sur la classe politique qu'elle fait élire. Elle révèle les dérives d'un système où le pouvoir n'a plus de contre pouvoir. Ne soyons pas naïfs, la classe politique française dépend tout autant des groupes Lagardère, Bouygues et Dassault : ces groupes n'investissent certainement pas dans les médias pour la rentabilité financière de ce secteur trop souvent déficitaire, mais bien pour le pouvoir que cela leur confère sur une classe politique soumise. La concentration des médias existe aussi en France. La collusion entre les médias et la classe politique n'est pas qu'une collusion d'actionnariat : presque tous les candidats et ex-candidats ont ou ont eu une relation avec une journaliste politique -Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair, François Hollande et Valérie Trierweiler, Arnaud Montebourg et Audrey Pulvar, Nicolas Sarkozy et Laurence Ferrari, Jean-Louis Borloo et Béatrice Schöneberg-. Il est certains que les réseaux personnels de ces journalistes politiques ne sont pas sans rapport avec l'émergence médiatique d'une candidature. Seuls Manuel Valls, Eva Joly, Martine Aubry et François Bayrou n'ont à ma connaissance pas eu à séduire un/une journaliste pour séduire les médias et imposer leur candidature à l'opinion publique. La liaison de François Baroin avec Marie Drucker aura-t-elle été assez longue pour en faire un futur présidentiable ? Il est temps de poser des règles éthiques au pouvoir des médias. Il est temps d'imposer des lois qui interdisent la concentration des médias comme le proposait Français Bayrou déjà en 2007.
Sur tous ces sujets, François Bayrou avait déjà raison en 2007. Mais ce ne sera pas le sujet de la campagne de 2012 qui ne commencera qu'en janvier prochain. L'UMP a repris la limite constitutionnel aux déficits publics, le PS a repris l'idée d'obligations européennes.. mais il faudra pour cela une union nationale des pragmatiques. Toutes ces personnes qui à droite comme à gauche savent faire des additions et savent que les budgets doivent être équilibrés. Toutes ces personnes qui à droite comme à gauche savent que c'est dans le cadre d'une Union Européen plus forte, plus démocratique et plus efficace que nous pourrons construire l'avenir de la France. Toutes ces personnes qui savent que les faux clivages issus de la lutte des classes sont aujourd'hui archaïques et dépassées.
Les attaques entre la gauche et la droite fusent déjà. La course de petits chevaux des sondeurs a déjà commencé. Pas la campagne présidentielle qui ne commencera qu'en janvier 2012.
Conseil National du Mouvement Démocrate : F Bayrou veut défendre une politique de "vérité" face aux illusions de droite et de gaucheAFP - 10/7/2011
PARIS — Le président du MoDem, François Bayrou, entend défendre en 2012 une politique de "vérité", la seule capable, selon lui, de "mobiliser" les citoyens et de permettre "le redressement" d'un pays "en état de choc", face aux illusions de la droite et de la gauche.
"Le choix politique qui est le nôtre, c'est de dire la vérité aux Français parce que seule la vérité est mobilisatrice et peut permettre le redressement. Partir de la vérité pour arriver à la volonté politique, c'est notre maxime, c'est notre choix", a lancé samedi M. Bayrou devant la presse à l'issue d'un conseil national de son parti.
Le président du MoDem s'exprimait en clôture de la première réunion des nouveaux membres (360 représentants) du "parlement" de son parti, renouvelé en juin avec 50% de nouveaux élus.
Il a dénoncé à cette occasion le décalage entre les annonces du gouvernement et la réalité.
"Pour la troisième fois depuis le début de l'année, la France a battu en mai le record de tous les temps de son déficit du commerce extérieur" avec "15 milliards sur les deux derniers mois", a souligné M. Bayrou en parlant d'une "hémorragie".
"Et le gouvernement nous dit: la crise est derrière nous, la reprise est là, la croissance est repartie... tout le monde sait que ce n'est pas vrai", a-t-il dénoncé en relevant que l'Insee avait également dégradé l'espérance économique de la France.
Il a mis l'accent aussi que le rapport de la Cour des comptes sur la sécurité qui souligne que "les résultats ne sont pas à la hauteur des annonces multiples proclamées" par "un gouvernement qui avait mis ce chapitre au premier rang de ses urgences".
Pour le patron du MoDem, les solutions proposées aujourd'hui au pays, "que ce soit la continuité ou l'alternance du PS, ne correspondent pas à la situation".
Au MoDem, "cet avenir, nous avons la capacité de le penser différemment car nous avons choisi d'être indépendants", a-t-il plaidé en s'opposant à tous ceux qui sont déjà engagés "dans des alliances mécaniques" de "dépendance" avec l'UMP ou le PS.
S'agissant de Jean-Louis Borloo et ses amis de la Confédération centriste, M. Bayrou a réaffirmé qu'il ne souhaitait pas, lui, "appartenir à la majorité en place".
"Ils ont été des responsables de premier plan du gouvernement, des ministres, numéro deux du gouvernement, et ils suppliaient qu'on veuille bien les nommer à des postes plus importants. Ils n'ont pas de contradiction avec la politique de Nicolas Sarkozy, ils ont l'amertume de ne pas avoir été choisis", a-t-il jugé.
"L'élection présidentielle, c'est l'élection des gens cohérents car on ne confie le pays qu'à des gens qui ont su garder le cap", a conclu François Bayrou.
La vidéo de la conférence de presse qui a suivi le Conseil National:
François Bayrou : "Nous partons de la vérité... par mouvementdemocrateLe texte de la conférence de presse (pdf)
François Bayrou, invité de Christophe Barbier sur LCI.
6/7/2011Les sujets abordés au cours de cet interview ont porté sur :
-l'affaire DSK
-Christine Lagarde et le FMI
-l'affaire Tappie et Christine Lagarde
-les cotisations pour la retraite
-l'abrogation des 35 heures
-les résultats du baccalauréat
-le "Centre"
François Bayrou invité de Christophe Barbier sur... par mouvementdemocrate
François Bayrou, premier de cordée
J’imagine qu’un français lambda, bien loin des positionnements politiques et survolant les grands titres doit se dire que c’est le bien compliqué au centre.
Pour éclaircir le sujet, il faut dire que droite et gauche existent parce qu’il y a un centre et ensuite poser cette question première à un « centriste » pour savoir s’il usurpe ou pas le terme : Etes-vous indépendant de l’UMP et du PS ou en êtes-vous un supplétif ?Coup d’ARES !
C’est en quelques sorte la question qui était posée à l’Alliance Centriste réunit en Congrès à Angers. Jean Arthuis et les adhérents ont préféré l’indépendance et la consolidation d’un centre large à la proposition de Borloo, Morin et Bockel d’une ARES deuxième droite soumise à l’UMP.
Pour moi, François Bayrou est le premier de cordée dans toute ces « chapelles centristes », celui qui a eu le courage dès 2002 d’ouvrir la voie pour un centre large et indépendant, libre des noyaux durs de l’UMP et du PS. Jean Arthuis semble être celui qui a joué au second de cordée, il suit le premier sans perdre de vue les suivants.
Nous avons rencontré François Bayrou samedi matin avant sa venue à ce Congrès et il précisa quelques points :
- Cette famille politique sera bientôt rassemblée.
- Le pays est en situation d’urgence,
- Dans notre programme, il n’y aura pas de promesses abusives.
- Dire la vérité au pays, sera la condition nécessaire du redressement et de sa reconstruction.
A la question d’un militant voulant connaitre le leader le plus légitime pour conduire ce centre rassemblé, François Bayrou a répondu, « le plus authentique ».
Cette famille politique se rassemblera autour de ses valeurs et convictions à 3 conditions annoncées à la fois par Bayrou et Arthuis :
- Rassemblée par le choix de l’indépendance,
- Rassemblée autour d’un projet,
- et sans exclusive en son sein.
A la porteé nationale du choix de l’AC samedi s’ajoute une question locale. Car lors des dernières élections régionales, deux responsables du Mouvement ont opportunément rallié la majorité présidentielle car ils ne croyaient pas dans la stratégie d’indépendance et d’ouverture de Bayrou disaient-ils. Samedi à Angers, le refus de l’Alliance Centriste de rejoindre Borloo et sa deuxième droite s’appuie sur une quasi unanimité des votants sauf une abstention et un contre, peut-être que ces deux personnes sont les mêmes ? Cela serait logique et augurerait de leur départ vers l’ARES, mais logique et opportunisme ne font pas toujours bon ménage.
Dans le cas contraire ce retournement de situation doit marquer la primauté des comportements cohérents. Notre combat politique est aussi celui d’un combat contre le cynisme en politique, il faut donc faire confiance à ceux qui ont eu raison avant, depuis de début et qui n’ont pas trahi…Notre ouverture à tout ceux qui veulent construire cet arc démocrate, républicain et écologiste est réelle mais sans naïveté, avec de la mémoire et en accordant aux opportunistes la place qu’ils méritent… c’est la différence entre la vague et l’écume.
Nous sommes dans un pays en état d'urgence - il lui faut une majorité nouvelle
Mouvement Démocrate -3-07-2011
François Bayrou, présent au Congrès de l'Alliance Centriste, à l'invitation de Jean Arthuis, a affirmé que nous étions dans un pays en état d'urgence et que seule une majorité nouvelle pouvait répondre aux défis que nous devrons relever.
Samedi 2 juillet à Angers, François Bayrou a affirmé que la France était aujourd'hui "un pays en état d'urgence" (dette, déficit de son commerce extérieur) et qu'il fallait s'engager à tenir en 2012 "un langage de vérité sur les conditions de sa reconstruction".
Remerciant Jean Arthuis pour cette invitation, le président du Mouvement Démocrate a rappelé que pour lui "Ce moment est pour moi infiniment précieux",et a exprimé on plaisir de dialoguer avec Jean Arthuis, Pierre Méhaignerie (UMP) ou François Zocchetto (AC).
"Au-delà des parcours différents, des passions, nous n'avons jamais perdu de vue les uns et les autres que nous avions formé, que nous formions une famille d'esprit. Ces liens-là ne se sont jamais laissé affaiblir et je suis heureux de les voir aujourd'hui apparaître publiquement", a rajouté François Bayrou
"Ce qui nous rassemble, ce n'est pas une étiquette, des enjeux électoraux, c'est de faire partie d'une famille politique qui pense que le seul moyen de faire bouger les peuples, spécialement dans les situations difficiles, c'est de leur dire la vérité", a-t-il expliqué en évoquant la situation économique de la France.
"Nous sommes dans un pays en état d'urgence a souligné François Bayrou en citant en exemple le montant du déficit du commerce extérieur de la France en avril (7,5 milliards) et le montant de la dette publique (1700 Milliards d'Euros) qualifiant ces éléments "d'hémorragie" pour la France.
"Ce pays-là ne peut pas être indépendant dans ces conditions. Il emprunte jusqu'au jour où la dette deviendra tellement écrasante qu'elle menacera sa survie. Qu'on regarde la Grèce... La France n'est pas à l'abri, même si le discours officiel est de dire qu'on s'en tire mieux que les autres"
"Cette question-là est centrale. Je ne vois pas de sujet plus grave pour le pays", a-t-il lancé en expliquant que l'actuelle majorité comme la gauche n'étaient pas "capables d'apporter des réponses".
Aux yeux du président du MoDem, seuls les centristes en ont la capacité. "Il faut trouver une majorité nouvelle et l'élection présidentielle sert à cela", a-t-il souligné.
FRANÇOIS BAYROU - CONGRES ALLIANCE CENTRISTE -... par mouvementdemocrate
Trop de candidats pour 2012 ?
Valeurs actuelles -1/07/2011 - Josée Pauchat
Et de neuf ! La liste des prétendants s’allonge, le risque d’un 21 avril à l’envers augmente. Mais tous iront-ils jusqu’au bout ?
Après l’annonce des candidatures de Frédéric Nihous (Chasse, pêche, nature et traditions), de Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République), Christine Boutin s’est lancée à son tour dans la bataille présidentielle. Ce qui porte à neuf le nombre de candidats déclarés ou potentiels, à droite ! Soit deux de plus qu’en 2002, quatre de plus qu’en 2007 (voir notre graphique dans "Valeurs actuelles"), avec Marine Le Pen (FN), Jean-Louis Borloo, qui entend défendre les valeurs du centre, tout comme Hervé Morin, Dominique de Villepin et François Bayrou. Une liste qui finit par être longue, alors que le président sortant est très bas dans les sondages, talonné par Marine Le Pen, et qui accroît le risque d’un 21 avril à l’envers.
À l’UMP, on s’inquiète même des candidats crédités de seulement 1 % des intentions de vote. Mais combien de ces précandidats seront effectivement sur la ligne de départ en 2012 ?
Au sein de la majorité, ils sont nombreux à être persuadés, comme Pierre Méhaignerie, que la plupart d’entre eux « se placent dans un rapport de force, pour ne pas être oubliés ou pour négocier par la suite avec le président de la République ».
Le politologue Roland Cayrol pense même que la plupart des candidats du centre renonceront, à part François Bayrou. Dominique de Villepin, pour commencer. Son mouvement, République solidaire, lancé en juin 2010, est en difficulté. L’ancien premier ministre réunissait les cadres de son parti, le 19 juin dernier à la Maison de l’Amérique latine. Ils n’étaient que 500. Faute de moyens, son mouvement n’a pas de fonctionnement réel en dehors d’une toute petite équipe. Villepin n’aurait recueilli pour l’instant que 150 des 500 signatures nécessaires pour pouvoir se présenter. À part Jean-Pierre Grand, les rares députés qui le soutenaient ne l’ont pas suivi après l’annonce de son programme jugé irréaliste et coûteux. La dynamique Villepin n’a pas pris et il n’est crédité que de 3 % dans les sondages. Autant de bonnes raisons pour renoncer.
Hervé Morin, le président du Nouveau Centre, a déjà annoncé qu’il s’effacerait devant une candidature Borloo. L’ancien ministre de la Défense souffre d’un déficit criant de notoriété, il n’est même plus testé dans les sondages, où il peinait à dépasser les 1 %.
La candidature de Christine Boutin n’est pas non plus acquise. La présidente du Parti chrétien-démocrate avait obtenu 1,2 % à la présidentielle de 2002. En 2007, elle s’était retirée de la course, avant de devenir ministre du Logement. Cette fois, elle assure qu’elle ira « jusqu’au bout ». Mais résistera-t-elle aux pressions si le risque d’une élimination de Nicolas Sarkozy au premier tour se précise ?
À peine candidat, Frédéric Nihous le reconnaît déjà : « La seule chose qui pourrait nous faire réfléchir, c’est le risque d’un 21 avril à l’envers. » Presque un aveu du leader de CPNT, qui n’avait obtenu que 1,1 % des suffrages en 2007. Il pourrait se contenter d’un tour de piste.
Même la candidature de Jean-Louis Borloo, pourtant jugée parmi les plus sérieuses, n’apparaît pas certaine. En réunissant les membres de la nouvelle confédération des centres, le 26 juin, l’ancien ministre de l’Écologie s’est posé comme « la force anti-21 avril ». Son équipe de campagne est en ordre de marche, il multiplie les déplacements et fera connaître sa décision à l’automne. Il compte sur sa popularité, mais il aura du mal à faire oublier ses quatre ans au gouvernement, jusqu’au remaniement de novembre 2010 où il espérait encore succéder à Fillon à Matignon. Se laissera-t-il convaincre d’ici là par les pressions de l’Élysée, surtout si Sarkozy lui promettait Matignon ?
Restent trois candidats que rien ne fera reculer. Marine Le Pen, bien sûr, portée par des sondages qui l’ont même placée à plusieurs reprises au second tour, et François Bayrou, que rien n’arrêtera. Le président du MoDem, qui a rompu avec Sarkozy dès 2007, se présente comme le seul centriste légitime. Les derniers sondages lui donnent raison : pour 42 % des Français, il est celui qui incarne le mieux les idées et les valeurs du centre, loin devant Borloo. Reste Nicolas Dupont-Aignan. Rien ne fera non plus renoncer l’ex-député UMP, qui se présente aujourd’hui comme gaulliste et fait campagne pour la sortie de l’euro. Pas même les sondages, qui ne le créditent que de 1 % des voix. Il lui avait manqué une poignée de parrainages en 2007. Cette fois, il s’y est pris très en avance.
Josée Pochat