Dominique de Villepin vient de s'exprimer aujourd'hui sur une tribune offerte par Mediapart, dans un texte intitulé «Répondre à l'appel de la France».
Je trouve très salutaire pour le pays que se forme, à l'initiative de
Dominique de Villepin, un courant républicain à droite issu de l'UMP
qui s'oppose à Nicolas Sarkozy, en tout cas aux dérives de sa
présidence, intolérables, inadmissibles, insupportables, tant en termes
de justice sociale, de démocratie, de valeurs morales.
Et après tout, une division de la droite donne moins de chance à
Sarkozy pour le 1er tour en 2012, mais ce dernier pourra-t-il encore,
osera-t-il encore, se présenter d'ici là ?
J'approuve son appel à un rassemblement républicain d'union nationale,
comme l'a déjà fait François Bayrou, allant des Gaullistes républicains
avec Villepin à la partie du PS plus proche du centre, ouverte au
dialogue, en passant par le Mouvement Démocrate, en incitant aussi le
Nouveau Centre à couper le cordon qui le lie à l'UMP.
DDV reprend beaucoup de points du discours de François Bayrou (déficit,
démocratie, indépendance de la justice, valeurs républicaines, justice
sociale, position sur les retraites ...). Je suis néanmoins étonnée
qu'il prône plus de justice sociale sans parler de la remise en cause
du bouclier fiscal. C'est sans doute parce qu'il l'a lui-même mis en
place sous la présidence Chirac (à 60%) avant que Sarkozy baisse le
seuil à 50% ?
J 'aimerais beaucoup qu'il nous explique les éventuels points de
désaccord avec François Bayrou, ce serait plus clair pour nous
citoyens. Je constate en tout cas que, même s'il n'est jamais trop tard
pour bien faire, pendant qu'il était au pouvoir D. de Villepin a laissé
filer le déficit, il a mis en place le bouclier fiscal, il n'a pas
valorisé suffisamment les petites retraites, il n'a pas proposé à
l'époque de plus taxer le capital et en général de rendre la fiscalité
plus juste, il n'a pas rendu la justice vraiment indépendante, il n'a
pas proposé une loi électorale juste (introduction de 50% de
proportionnelle à l'Assemblée comme en Allemagne par exemple), il n'a
pas franchement soutenu les PME et l'innovation ...S'ils sont
maintenant d'accord sur le fond, sur les idées, en tout cas sur
l'essentiel, ils devraient se mettre ensemble et il ne resterait qu'à
départager deux personnalités en vue de la présidentielle ...
Concernant l'homme lui-même, qui a du panache, de l'élégance, de la
classe, du verbe, de la culture, de vraies valeurs républicaines et un
certain sens du sacrifice pour la France qui sied à l'homme d'Etat,
plusieurs choses lui manquent néanmoins à mon avis :
Poser
le problème ainsi a le mérite d’échafauder une réponse directe et
claire. Une réponse qui ne devra laisser aucune ambiguïté. Cette
réponse nous confortera dans nos idéaux et nous apportera l’assurance
que nous sommes bien là où nous sommes : the right man at the right
place, comme aiment à le dire les anglo-saxons. En d’autres termes : Le
Centre ne s’en tirera pas en étant un additif du Sarkozysme, ou un
additif de l’Aubrysme.
Dans une société où les mots sont usurpés par la communication
politique, nous avons le devoir de défendre une certaine forme de
vérité et non pas une instrumentation de la vérité. Quitte à risquer le
délien social et à déplaire. Il faut redonner un sens aux mots.
Lorsqu’ils pratiquent la contre-exemplarité, les hommes politiques ne
le font pas pour déplaire mais au contraire pour haranguer la foule et
la séduire par d’autres artifices.
Le courage en politique est l’anti-idéologie de la réussite. Ce
n’est pas le succès qui valide le geste mais le chemin et le sens de ce
chemin : qu’il y ait échec ou non.
Toute l’éthique du courage se situe là : par la revendication de nos
principes, de nos valeurs et de nos convictions profondes. Même si nous
devons pour cela nous écarter des critères de la réussite du spectacle
ambiant.
Tocqueville affirme que
la démocratie est le cercle de la raison. En traçant ce cercle, on met
en évidence ceux qui sont dedans et ceux qui sont en dehors.
Mais en défendant ce cercle, on travaille aussi à créer de la mort
sociale. C’est-à-dire que tout ceux qui souhaitent penser
différemment, qui veulent s’extraire de ce conformisme ou qui
veulent promouvoir quelque chose qui s’appelle l’exercice de la raison
publique sont souvent cloués socialement au pilori. Une fondation
est le moyen de déconstruire ce cercle, de le redéfinir et de
l’élargir.
La méthode Centriste a de nombreux points de convergence avec la méthode érigée par Jean Monnet
: C’est une méthode humaniste et européenne qui s’oppose à la
raison d’Etat et s’interroge sur la notion de souveraineté.
Les Centristes affirment que les petits et les grands pays doivent unir
leur force pour travailler ensemble pour bâtir l’Europe de demain,
pour mettre l’avantage individuel dans l’avantage commun.
On voit bien que dans les autres démocraties, qui ne sont pas marquées
par l’héroïsme de la démocratie française, cela se passe plutôt bien.
Ce sont des gens qui se mettent autour d’une table facilement, qui
émettent des propositions pour dire ce qu’il faut faire pour leur pays,
et qui le font en réduisant notamment les majorités entre elles, afin
que tout le monde participe dans une saine proportionnalité.
Notre système parlementaire est tordu. Il offre 100% du pouvoir à
ceux qui représentent entre 20 et 30% des français. Ne soyez pas étonné
par la suite, que lorsqu’on fait voter une Loi, la rue la refuse.
Ce qui marche en termes d’équation fondamentale est l’alliance des
Libéraux et des Centristes. Ce fut la caractéristique fondamentale du
giscardisme.
L’UDF n’a fonctionné que parce qu’elle a offert une large part à la
doctrine sociale de l’église qui enracinait très nettement une partie
importante de l’UDF dans le camp de la solidarité et de l’égalité. Même
si d’autres partis revalorisaient plutôt la liberté.
Ce qui s’est passé à partir des années 90 est la dissociation de ces
familles ; pour des raisons qui tiennent notamment à la guerre froide,
à l’effondrement de l’Union Soviétique, à la réunification allemande.
Il y eut un retour en force des identitarismes et une alliance
politique dont Margaret Thatcher avait formé le modèle et dont Silvio Berlusconi offre la caricature.
On a vu se reconstituer un National-Libéralisme, fruit du Conservatisme
et du libéralisme avec le largage des démocrates-chrétiens qui
restaient attachés au modèle social et à l’Etat-providence.
En France, la faillite du Sarkozysme que nous voyons poindre réside
dans le fait qu’il ignore une partie de la société française en partant
de l’idée libérale qu’il faudrait bâtir une nouvelle société tirée de
l’exemplarité des plus riches.
Notre alliance ne pourra se refonder que sur le modèle scandinave, sur
un système militant avec des exigences de solidarité qui ne
s’arcboutent plus sur un modèle social français complètement à la
dérive.
Nous devons rebâtir une modèle fondé dans les esprits et dans les
cœurs. Un modèle où l’ensemble des français soient respectés, où les
inégalités se réduisent, où le destin de chaque citoyen soit pris en
compte par le pouvoir.
C’est cette analyse-là que doivent faire les gens issus du Centre, de
la gauche chrétienne, du libéralisme et du radicalisme s’ils veulent
construire un projet qui réponde en profondeur aux besoins des
français. Mais ce ne sera ni le projet de Martine Aubry, ni celui de Nicolas Sarkozy. Si on s’en tient à ces deux modèles de société, on voit bien ce qui nous en distingue.
Le Centre ne s’en tirera pas en étant un additif du Sarkozysme, ou un additif de l’Aubrysme.
La suite (pdf) Les travailleurs lorrains encaisseront les mesures de crise au Luxembourg
La prochaine rentrée entraînera des coupes sévères dans le budget familial de plusieurs milliers de Lorrains qui travaillent au Luxembourg.
Le parlement du Grand Duché vient d'adopter un projet de loi qui
supprime certains avantages fiscaux et prestations sociales destinés
aux salariés.
Les Luxembourgeois sont les premiers touchés par ces mesures de crise.
Les frontaliers - près de 70.000 Lorrains sont
salariés au Luxembourg - sont cependant les plus pénalisés, si l'on
considère le volume d'argent que représentent ces mesures.
Jusqu'à maintenant, les bourses
d'études, versées pour un enfant de plus de 18 ans, bénéficiaient à
tous les employés des entreprises luxembourgeoises. Dorénavant, les
parents devront résider dans le pays depuis plus de 5 ans. Cette
suppression représente 6.000 euros par an et par enfant.
L'allocation de rentrée scolaire
est supprimée. Même chose pour les allocations familiales à partir de
18 ans. Pour un couple avec deux enfants, cela signifie une perte
d'environ 600 € par mois.
Autre coupe sombre : la
réduction de moitié des frais de déplacement. Dur à supporter pour les
transfrontaliers les plus lointains (certains font la route
Nancy-Luxembourg tous les jours).
Les nouvelles dispositions seront encore plus rudes pour les salariés qui touchent le SMIC luxembourgeois (1800 € par mois).
Le syndicat chrétien LCGB,
pro-européen, particulièrement en alerte sur les questions sociales
transfrontalières, dénonce des mesures "inéquitables".
Ces mesures d'austérité et de rigueur chez nos voisins du Luxembourg doivent entrer en application en octobre 2010. Abus de Pouvoir (Mai 2009)
29-7-2010
François Bayrou (visionnaire) répond à une longue interview en mai 2009
à propos de son livre "Abus de pouvoir". Il y dénonce notamment trois
abus de pouvoir :
-la démocratie est en danger : le pouvoir est concentré entre les mains
de quelques uns et notamment du président de la République.
-on veut donner à la France un modèle de société qui n'est pas le sien
. Le modèle français est d'abord un modèle solidaire . Il diffère du
modèle américain qui lui est de type inégalitaire
-le Régime actuel met en place des réseaux qui unissent des intérêts
politiques, financiers , médiatiques , industriels............
Un
examen attentif des comptes de 2008 le montre : au-delà des postures de
ses membres, le Nouveau Centre est loin d'être indépendant de l'UMP,
dont il dépend beaucoup financièrement. Le parti d'Hervé Morin a reçu
200 000 euros de subventions du parti présidentiel en 2008, l'essentiel
de son budget provenant en fait d'une subvention de 994 060 euros reçue
de Fetia Api, parti... de Polynésie française.
Pour comprendre
ce que vient faire cette petite formation tahitienne dans les comptes
du Nouveau Centre, il faut remonter à 2007 et à la scission de l'UDF
entre Modem de François Bayrou et Nouveau Centre d'Hervé Morin. La
division se produit juste avant les élections législatives : le parti
d'Hervé Morin aligne quatre-vingts candidats mais ses scores sont
insuffisants pour obtenir une dotation de l'Etat, et ce malgré
l'élection de dix-sept députés. Le parti échoue en effet à dépasser le
seuil de 1 % des voix dans au moins cinquante circonscriptions,
condition sine qua non pour avoir droit à une dotation de l'Etat – qui
se compose d'un premier versement de 1,64 euro par suffrage obtenu, et
d'une dotation supplémentaire de 44 394 euros par député.
L'OUTRE-MER AU SECOURS DES CENTRISTES
Le
Nouveau Centre tente alors de faire modifier la loi sur le financement
des partis, mais se heurte à l'opposition du PS et du Modem. Il change
donc de stratégie et se tourne vers un volet méconnu de la loi, relatif
à l'outre-mer. En effet, dans les TOM, il suffit de recueillir 1 % des
voix sur l'ensemble des territoires pour avoir le droit à une dotation
publique.
Avec ses 1 021 voix recueillies, le petit parti
tahitien Fetia Api remplit cette première condition, mais, sans élu, ne
peut prétendre à la deuxième dotation. Les deux formations forment donc
une "joint venture", associant les voix de Fetia Api aux députés du
Nouveau Centre. Un dispositif rentable pour les deux partis : il leur
assure un total de 1 024 181 euros en 2008.
MONTAGE BISCORNU
Un
montage légal, mais pour le moins biscornu. Au point que, comme le
rappelle Rue89, le patron de Fetia Api, Philip Schyle, s'interrogait
fin 2007 sur "la légalité de la procédure. Il n'y a pas de difficulté
particulière, mais c'est vrai qu'au départ j'étais un peu rétif. Je
trouvais bizarre qu'un parti national puisse être financé de cette
manière".
Fetia Api se contente de la portion congrue : environ
30 000 euros, soit moins que les 40 000 euros donnés par le Nouveau
Centre en 2008 au député du Tarn, Philippe Folliot, pour son mouvement
Agir pour demain. Mais cette somme est bien supérieure aux 1 664 euros
qu'il aurait reçus, sans l'alliance avec le parti centriste.
Restent
donc 990 000 euros pour la formation d'Hervé Morin, auxquels s'ajoutent
75 625 euros de contributions d'adhérents, 44 178 euros de
contributions d'élus et 37 815 euros de dons. Au total, le parti
totalise donc 1,5 million d'euros de recettes, dont 90 % provenaient en
2008 des versements d'autres partis : Fetia Api et l'UMP.
Samuel Laurent
"M. Barroso nous avait habitué à de multiples détours sur la question des organismes génétiquement modifiés mais là !
4 jours avant de partir en vacances et de fermer boutique, la
Commission européenne s'offre une dernière palissade sur les OGM :
Celle de trop ! Devant l'immensité des intérêts financiers de quelques
uns, la Commission vient d'autoriser 6 cultures sans intérêt pour
l'environnement en l'absence, dit-on, d'accord du Conseil européen ! Je
crois rêver !
Pas d'accord donc un « OUI »
Très bien et pour une réglementation financière, pas d'accord donc « OUI »
Pour une politique fiscale commune, pas d'accord donc « Oui>>
Et pour une politique de défense, une politique industrielle et de
recherche digne de ce nom, pas d’accord donc trois fois « OUI » !!!
On se serait bien passé d’une telle grossièreté. La question n’est pas
seulement symbolique, elle est stratégique. À force d’ouvrir des
fenêtres, c’est la maison agricole européenne qui risque
l’ensevelissement.
Le Parlement européen peut et doit y revenir!
Car ce dont il s’agit ici, n’est ni plus ni moins, la question du
modèle agricole que nous souhaitons construire. La mise sous tutelle
des paysans du monde entier était en marche, nous le savions. Et en
cela l’Europe, résiste ou plutôt résistait bon gré mal gré. Mais de la
raison, il ne reste pas grand chose. De manière les plus insidieuses
qui soit, on en fait sauter les verrous les uns après les autres. La
Commission nous indique pour sa part qu’il s’agissait de sortir de
l’impasse.
J’ai, en ce qui me concerne, l’étrange impression que nous y allons tout droit !"
Jean-Luc Bennahmias,
Député européen, Vice-président du Mouvement Démocrate Les objectifs troubles des micro-partis
Depuis la présidentielle, c’est presque exclusivement au sein de la
majorité que se sont créées ces petites formations. Mise en lumière par
l’affaire Woerth, la pratique controversée du financement politique via
les micro-partis est revenue sur le devant de la scène à la faveur
d’une collecte de fonds menée récemment à Londres par le secrétaire
d’État à l’emploi, Laurent Wauquiez
Jean-François Copé le 11 juillet, pour la fête de Génération France, le
micro-parti créé par le chef de file des députés UMP
(AFP/Anne-Christine Poujoulat).
Qu’est-ce qu’un micro-parti ?
Près de 300 partis politiques sont aujourd’hui recensés par la
Commission nationale des comptes de campagne et des financements
politiques (CNCCFP). Parmi eux, environ 250 sont de petits partis avec
pas ou peu d’adhérents, créés uniquement pour promouvoir l’action d’un
élu local. Ces petites formations ne peuvent pas bénéficier de
financements publics, mais une de leur mission est de lever des fonds
auprès de personnes privées.
Cette pratique, qui n’est pas illégale, s’est développée durant la
décennie 90, principalement au sein de la majorité. Porte-parole de
l’UMP, Dominique Paillé distingue ces micro-partis des « mouvements et
partis associés » (MPA) à l’UMP, tel le Parti chrétien-démocrate de
Christine Boutin. « Ces structures sont liées par des conventions qui
peuvent prévoir des subventions, ce qui n’est absolument pas le cas des
micro-partis au service d’une personnalité », précise-t-il.
Les micro-partis se distinguent aussi des « clubs de réflexion », tel
le Chêne de la ministre de la justice, Michèle Alliot-Marie, dont le
rôle est de faire vivre un courant de pensée, en l’espèce l’héritage
gaulliste.
Quelles personnalités ont créé un micro-parti ?
Dans le cadre de l’affaire Bettencourt, c’est la révélation de
l’existence d’une « Association de soutien à l’action d’Éric Woerth »,
créée en 2008, qui a fait connaître à l’opinion publique ces
micro-partis. Le ministre du travail n’est pourtant ni le premier ni le
seul à utiliser ce moyen pour lever des fonds.
Le site d’information Mediapart a ainsi révélé il y a quelques jours
l’existence d’une « Association de soutien à l’action de Nicolas
Sarkozy » basée à Neuilly (Hauts-de-Seine). L’année précédant son
élection, il avait reçu pour 272 000 € de dons, puis 136 716 € en 2007
et 7 474 € en 2008. Le micro-parti de Ségolène Royal, « Désirs d’avenir
», passé depuis sous le statut d’association, avait également reçu
environ 100 000 € de dons par an pour cette même période.
Mais depuis la présidentielle, c’est presque exclusivement au sein de
la majorité que se sont créées ces petites formations. Plusieurs
membres du gouvernement ont la leur : la ministre de l’enseignement
supérieur, Valérie Pécresse (Changer, c’est possible), le ministre de
l’industrie, Christian Estrosi (Alliance Alpes-Méditerranée), le
secrétaire d’état au logement, Benoist Apparu (Association de soutien à
l’action de Benoist Apparu), ou encore le secrétaire d’état à l’emploi,
Laurent Wauquiez (Nouvel Oxygène)…
Mari 20 juillet, le chef du gouvernement, qui a sa propre formation
(France 9), a défendu cette pratique : toute personne qui veut « créer
une structure politique, engager une réflexion politique, a le droit de
le faire et de se faire financer (…). L’important est que ce soit
transparent, et c’est transparent », a justifié François Fillon. En
revanche, à gauche, seul le maire d’Évry, Manuel Valls, a créé son
propre micro-parti (à gauche, besoin d’optimisme). Le maire d’Évry veut
lever des fonds en vue des primaires à la présidentielle auxquelles il
est candidat.
Quelles différences avec les associations ?
Comme tous les partis politiques, les toutes petites
formations sont tenues de déposer leurs comptes devant la CNCCFP. Ce
qui n’est évidemment pas le cas des associations. Le Parti socialiste a
pour sa part opté pour le développement de structures associatives,
afin de ne pas créer de mélange des genres.
Dans ce cas, les dons privés ne sont pas plafonnés mais ils n’ouvrent
pas droit à une déduction fiscale, comme c’est le cas pour les dons aux
partis. Mais selon le porte-parole du PS, Benoît Hamon, la
multiplication des micro-partis a surtout le défaut de cacher « une
stratégie de financement de l’UMP ».
Quels sont les liens entre micro-partis et grands partis politiques ?
« Il suffit de consulter les comptes pour vérifier que cette vision est
totalement fausse », explique le porte-parole. Selon François Logerot,
président de la CNCCFP, les données mises à disposition de cette
commission laissent en effet apparaître que les mouvements d’argent
entre formations politiques se font dans les deux sens. « En 2008, les
versements des grands partis de gouvernement vers les partis
individuels ont été beaucoup plus importants que les flux inverses. »
C’est d’ailleurs la révélation du versement d’une somme de 66 000 € de
l’UMP vers le parti d’Éric Woerth en 2008, alors qu’il était lui-même
trésorier du parti, qui a provoqué un certain émoi au sein de la
majorité.
Pourquoi les micro-partis sont-ils aujourd’hui critiqués ?
Pour assainir le financement de la vie politique, le
législateur a voulu que les dons d’un particulier pour une formation
soient limités à 7 500 €. Or rien n’empêche, comme cela semble être le
cas avec la famille Bettencourt, de multiplier les dons au parti
principal et aux petits partis qui lui sont plus ou moins liés. Autre
problème, celui de la confusion des responsabilités.
Laurent Wauquiez a ainsi profité d’un déplacement officiel à Londres
pour y rencontrer, hors agenda gouvernemental, des financiers. Au cours
du dîner-débat, le maire du Puy-en-Velay (Haute-Loire) a sollicité des
dons pour sa formation Nouvel Oxygène. Le président de la commission
des affaires sociales de l’Assemblée nationale, Pierre Méhaignerie
(UMP), a jugé, mardi 20 juillet, qu’il fallait mettre un terme aux
micro-partis.
Le Parti socialiste va pour sa part déposer à la rentrée une
proposition de loi. « Nous faisons trois propositions, parmi lesquelles
le plafonnement des dons aux partis à 7 600 € par personne physique »,
nous explique Régis Juanico, trésorier du PS et député de la Loire. Si
les micro-partis ne sont pas contraires à la loi, leur multiplication
représente « un détournement de l’esprit de la loi », a affirmé hier au
quotidien Les Echos François Logerot.
Les socialistes souhaitent également un plafonnement des cotisations
des militants, car le montant très élevé de certaines adhésions (le «
premier cercle » à l’UMP) représenterait en fait des dons déguisés. Bernard GORCE Financement politique : F Bayrou pointe l'existence de partis fantômes
"Une seule personne peut
multiplier les chèques à des structures qui sont en réalité gigognes.
Et c'est une atteinte à l'égalité des citoyens devant la loi", dénonce
le leader du MoDem, au sujet des dons effectués à des politiques par
les Bettencourt.
Le président du Mouvement démocrate (MoDem), François Bayrou, dénonce l'existence de "prétendus partis" comme étant des "officines",
destinées à "tourner la loi" sur le financement des partis politiques,
dans un entretien au Parisien à paraître vendredi 16 juillet.
"Ce qui garantit une vie politique tout simplement honnête et
transparente, c'est que la loi soit respectée et qu'elle soit la même
pour tous. Or ces prétendus 'partis', dont on vient de découvrir
l'existence, ne sont rien d'autre que des officines de financement,
destinées à tourner la loi", explique l'ex-candidat à la présidentielle
"On vient de découvrir qu'il en existe plusieurs centaines, alors que
tout le monde sait bien que de l'extrême gauche à l'extrême droite, il
n'y a pas plus d'une douzaine, une vingtaine au maximum, de vraies
formations politiques en France", constate le leader démocrate.
"Régulateur"
"Un parti politique, c'est justement le régulateur des financements légaux,
parce qu'ils empêchent les financements en direction de personnes
privées et limitent les dons à 7 500 euros par an et par donateur.
C'est par l'entremise de partis politiques responsables et déclarés que
la loi sur le financement public était jusqu'à présent appliquée et
respectée. Ces centaines de structures opaques autorisent tous les
trucages et tous les dépassements", fait-il valoir.
Pour François Bayrou, il s'agit d'"un manquement grave à la loi et à
son esprit ne serait-ce, comme on le voit dans l'affaire Bettencourt,
parce qu'une seule personne peut multiplier les chèques à des
structures qui sont en réalité gigognes. Et c'est une atteinte à
l'égalité des citoyens devant la loi"
Le président du MoDem souhaite que la commission de réflexion sur les
conflits d'intérêt, annoncée lundi par Nicolas Sarkozy, "aille jusqu'au
bout et qu'une loi soit proposée".
"Mais", dit-il, "il faut aussi tout mettre sur la table en matière de
financements politiques pour qu'on entre ainsi, sans avoir peur de
personne, dans l'assainissement de notre vie publique". Demain l'espoir
Le gouvernement est affaibli par l'équipe de France de football. La
réforme des retraites françaises risque bien de se jouer en Afrique du
Sud; la politique soumise au football... Désespoir du peuple. Coup de
sifflet final. Plus aucun moyen d'être fier de son pays. Le
gouvernementt est affaibli, il s'affole : le calendrier ne tient plus.
Il leur fallait des buts et une victoire. Echec. Bréche béante dans la
tentative d'Etat-entreprise.
Si cela se confirme, nous pourrions crier : quel échec édifiant! Echec
du chef de l'Etat. Echec de la communication pure et érigée en dogme.
Echec de la politique des résultats au plus court terme. Mais nous en
sommes loin. L'équipe est forte. Et elle est loin d'être isolée. Elle a
choisi les plus puissants comme alliés. Mais le peuple est une force
incontrôlable en France. Une variable insondable dans les faits. Il
accepte de travailler très dur. Mais gare à celui qui se moque de lui.
Le 16 juin 2010.
Affaire Bettencourt. Comme un glaive qui lentement perce l'armure d'un
combattant hué dans l'arène. Au delà des lignes et des clivages. A
gauche des Montebourg parlent fort; des Aubry se manifestent. Au centre
des Bayrou crient. Et sans compter sur l'appui des rebelles ; nichés au
sein même de la majorité présidentielle. Des de Villepin et des
gaullistes surtout. Mais pas seulement. Des centristes encore, ou des
Copé. Certains ont senti l'odeur du sang, de la guerre et donc du
pouvoir qui se libère. Les plus intègres ont compris la perversion de
l'esprit du peuple français. Gravé dans une Histoire indélébile. Au
grand dam des fossoyeurs.
La vérité est entendue. Le peuple se réveille d'une profonde léthargie.
Doucement, mais à une allure certaine. Il se souvient. Mémoire et
avenir d'une France libre et résistante. Juste et solidaire. Pas
sécuritaire. Libre. Pas soumise. Résistante. Loin des instincts
primaires à qui l'on renvoit le peuple sans cesse. Juste et solidaire.
Un idéal jamais atteint, mais un espoir vital. Né de 1789, anéanti en
2007. Date de l'avènement du positivisme panglossien déguisant le plus
cynique des obscurantismes . Une tâche d'injustice. Une souillure
brisant le peuple. Egoisme, concurrence déloyale, mépris, division des
Hommes entre eux. Chaos organisé.
Le 14 juillet 2010.
Reste la mise en lumière et en perspective. Reste aux médias de jouer
leur rôle. Affaire Bettencourt. Sans Woerth, mais avec un ministre du
Travail coupable de conflits d'intérêts. Sans Woerth parce qu'il est
loin d'être le seul. Sans Woerth parce qu'il y a 17 ans, Bérégovoy.
Mais avec une affaire d'Etat d'une ampleur considérable. Inédite
peut-être.
Car cette affaire ébranle l'élite; presque toute entière impliquée.
Inédite car depuis 221 années, les Français ont évolué. Hors de
question de trancher le cou de qui que ce soit. Et c'est heureux. Mais
le coup est lancé, et les Français ne sont plus sensibles aux charmes
naturels de l'élu d'il y a trois ans. Ils souffrent et comptent bien le
faire sentir. Quand? Nul ne peut le dire. Mais nous avons tous le droit
de le présentir. Et sans doute, le devoir d'agir.
Siddh La lente remontée de Bayrou
12-07-2010 L'Hérétique Le dernier sondage CSA
donne François Bayrou à 9% en cas d'élection
présidentielle. 1% de mieux qu'au mois précédent,
2% de mieux qu'il y a deux mois. Petit à petit, Bayrou retrouve
des couleurs. S'il semble désormais que le troisième
homme de la présidentielle sera une femme (Marine Le pen),
Bayrou peut encore espérer jouer un rôle.
Ce sondage confirme ce que j'avais déjà constaté
précédemment : Bayrou reste vraiment populaire chez les
jeunes (les moins de trente ans pour lesquels il est à 19%).
Chez les 25-19 ans, il devance même Nicolas Sarkozy et arrive en
seconde position, assez loin, il est vrai, derrière Martine
Aubry.
S'il a retrouvé des couleurs du côté des CSP+ (13%)
il est en revanche toujours aussi peu en odeur de sainteté du
côté du troisième âge (64-75 ans) où
il est donné à 1% (3% chez les plus de 75 ans). Bayrou et
le MoDem doivent muscler leur discours à destination de ces
citoyens, et comprendre que le discours en question ne doit pas se
résumer à la seule défense du pouvoir d'achat des
retraités.
C'est dans ces catégories que Nicolas Sarkozy, même encore
aujourd'hui, recrute le gros de ses électeurs (48% d'intentions
de vote !!!).
Si François veut continuer à convaincre, il doit
continuer sur la voie qu'il a choisi d'adopter et qu'il n'aurait jamais
du quitter : celle de la raison et de la modération. Et ce en
toutes choses. Qu'il parle avec la voix de la raison, et les gens
raisonnables le suivront. C'est parce qu'il a largement
tempéré son discours, fait preuve de bon sens et de
retenue qu'il remonte chez les cadres supérieurs (16%,
désormais !) bien qu'il demeure plus populaire dans les
professions intermédiaires.
C'est parce qu'il n'a pas cherché à copier le PS ni les
Verts qu'il retrouve des couleurs : par exemple, je pense que ses
prises de position sur les retraites ont été
appréciées de cet électorat-là.
Mais parce qu'il continue aussi de prêter beaucoup d'attention
aux Français modestes, les ouvriers sont 14% à envisager
de glisser un bulletin en sa faveur. Les retraités, eux, ne sont
que 3%...
Enfin le sondage indique que les électeurs de Bayrou de 2012 se
partageront à peu près équitablement entre Nicolas
Sarkozy et Martine Aubry si ces derniers accèdent au second tour.
En termes d'alliance, le MoDem ou Bayrou n'ont rien à faire
valoir ni offrir : son électorat est indépendant et fait
bien ce qu'il =veut. Il est donc bien inutile de penser en termes de
tactique, cela ne sert à rien. C'est sur le terrain des
idées et des solutions pratiques qu'il faut faire entendre sa
voix et uniquement sur ce terrain. C'est ce que semble avoir choisi
François Bayrou. C'est bien. Il faut continuer en ce sens. François Bayrou : "Il faut interdire les détournements de l'esprit de la loi"
François
Bayrou était l'invité ce dimanche du "Grand Rendez-Vous" d'Europe 1
animé par Jean-Pierre Elkabbach, Patrick Cohen et Thierry Borsa.
Interrogé notamment sur le financement des partis politiques via des
petits partis créés pour concentrer les dons privés, François Bayrou a
demandé qu'on interdise "les détournements de l'esprit de la loi".
Concernant l'affaire Woerth/Bettencourt, François Bayrou a réclamé un
juge d'instruction indépendant à la place du juge Courroye et a salué
l'indépendance de la presse en ligne à l'image du site Mediapart.
François Bayrou s'est inquiété ainsi de "l'état de la France" et a fait
valoir qu'il fallait "d'urgence un sursaut républicain", estimant
"impossible que la France continue à s'enfoncer dans des situations
aussi glauques les unes que les autres, des situations qui sont
dangereuses pour l'esprit public, qui entraînent un découragement et un
délitement de ce que l'esprit d'un pays doit être".
Il est "normal et urgent que le président de la République s'exprime", a-t-il ajouté.
François Bayrou a encore cité dans l'Affaire Woerth/Bettencourt : "le
conflit d'intérêts entre responsables publics et intérêts privés", "la
situation impensable de guerre entre un procureur (Philippe Courroye)
et la présidente du tribunal (Isabelle Prévost-Desprez), tous deux à
Nanterre", la "révélation de ce qu'est le bouclier fiscal avec les 30
millions d'euros reversés à Mme (Liliane) Bettencourt (...)
illustration de ce que le bouclier fiscal est totalement injuste", "la
liberté de la presse" et "tout ce qu'on a appris sur le financement des
partis (...) avec des structures à intérêts personnels".
"Tout cela est impossible pour une démocratie bien équilibrée (...)
Nous avons besoin d'un gouvernement qu'on estime et qu'on respecte et
qui est à l'abri de tout soupçon", a conclu François Bayrou.
Ecouter le podcast
Stop aux idées reçues à propos de Villepin : non ce n’est pas un centriste !
Le
19 juin dernier, Dominique de Villepin lançait son mouvement :
République Solidaire. Ce nouveau parti est une composante de l’UMP.
Pourtant, depuis quelques mois, l’ancien Premier Ministre et son
entourage essayent de se donner une image modérée, une image de…
centriste ! Et le pire c’est que le message a l’air de s’installer dans
l’inconscient collectif. Il semble donc important de faire quelques
constats afin de rétablir la vérité
Non Dominique de Villepin n’a pas des idées centristes. Il est le vrai
fils de la famille gaulliste et c’est une chose que je respecte. Dans
la droite ligne d’un Chirac, il a cette fibre sociale particulière tout
en acceptant les règles du libéralisme mondialisé. Il est de droite et
c’est tout. Ce n’est pas un gros mot et justement je ne suis pas à
l’aise avec les gens qui ne s’assument pas. C’est un délire de
communicants (avec tout le respect que j’ai pour les communicants !) de
vouloir le repeindre en centriste. C’est une posture politicienne.
Évidemment, tout le monde aura compris que c’est le seul créneau
politique à occuper pour lui en ce moment, en préparation des
présidentielles, mais c’est une tromperie. L’homme du CPE, celui qui
était sourd aux alertes de la rue et des élus (dont il ne fait pas
partie) n’est pas centriste.
Non on ne peut pas dire Villepin-Bayrou « même combat » : oui ces deux
hommes ont des points communs. Ils ont tous deux démontré des qualités
de combativité, une grande pugnacité. Ils partagent sans nul doute une
idée de la France et de la place que notre pays doit tenir sur la scène
internationale. Tous deux ambitionnent la Présidence de la République
et sont des concurrents offensifs de Nicolas Sarkozy. Pourtant, de
nombreuses choses les séparent, à commencer par leurs idées et leur
philosophie politique. L’un est gaulliste, l’autre
démocrate(-chrétien). François Bayrou veut gouverner avec toutes les
forces constructives et républicaines, alors que Dominique de Villepin
est l’homme d’un camp et en cas de victoire il serait aussitôt tenu par
l’appareil UMP.
Non Dominique de Villepin n’est pas contre le bipartisme et pour cause
: il est adhérent de l’UMP. L’UMP, c’est à dire l’incarnation du
bipartisme. Ce parti est né sur les ruines du RPR, de la volonté de
réduire la vie politique à l’UMP et au PS. L’ironie c’est qu’il est
bloqué aujourd’hui par un bipartisme dont il aura absolument besoin
s’il devient Président de la République. Il n’est donc absolument pas
idéologiquement contre le bipartisme mais a juste un problème
conjoncturel avec ce système.
La communication doit être au service de l’action politique. Je trouve
grotesque d’aller faire le tour des fermes pour se repeindre en Chirac
et de se faire passer pour un centriste parce qu’il y a un créneau à
occuper. Au fond, je pense de toutes façons qu’il n’ira jamais jusqu’à
une candidature à l’élection suprême, il n’en aura pas les moyens et
aura atteint son objectif minimum : faire monter les enchères dans son
parti pour exister de nouveau au premier plan.
Je n’ai rien contre l’homme Dominique de Villepin dont je garde l’image
de celui qui a incarné les valeurs de la France lors de son discours
enflammé à l’ONU à propos de la guerre en Irak. Il a ce jour là montré
qu’il avait l’étoffe d’un Chef d’Etat. Néanmoins, il ne représente pas
pour moi la famille centriste à laquelle je voue mon engagement et n’en
a pas les idées..
Pierre BRAUN François Bayrou : "J'ai trouvé l'intervention
d'Eric Woerth un peu tragique"
Le président du Mouvement Démocrate répondait aux questions de Vincent
Parizot mercredi matin. François Bayrou a jugé "un peu tragique"
l'intervention d'Eric Woerth la veille sur TF1 pour se défendre dans
l'affaire Bettencourt, estimant qu'il y a "urgence" pour Nicolas
Sarkozy à s'exprimer.
Télécharger (pdf) Pour Marc Fesneau, les
démissions de Christian Blanc et d'Alain Joyandet étaient "logiques et
inéluctables"
Le Mouvement Démocrate prend acte et trouve
juste la démission de Christian Blanc (Nouveau centre) et de Alain
Joyandet (UMP).
Ces
démissions sont logiques et étaient inéluctables au regard de ce
qu'avait révélé la presse sur le comportement inadmissible de ces deux
secrétaires d'Etat.
La politique, au-delà des idées, ce
devrait être des comportements irréprochables, une stricte séparation
des affaires, des intérêts et des dépenses privés et publics. Ces deux
membres du gouvernement s'étaient manifestement affranchis de ces
règles élémentaires.
Ils auraient dû quitter d'eux-mêmes le gouvernement pour des questions
d'éthique et de cohérence.
Par
ailleurs, au-delà des cas personnels, le Mouvement Démocrate demande à
ce qu'enfin soient posées des règles claires sur les dépenses publiques
liées aux fonctions des ministres et des élus. C'est à ce prix que la
classe politique pourra enfin retrouver la crédibilité et la confiance
qu'elle a trop souvent perdu ces derniers temps.
Marc Fesneau
Secrétaire Général du Mouvement Démocrate Nomination de Rémy Pfimlin à France
Télévisions : François Bayrou dénonce "un processus malsain"
François
Bayrou a estimé ce lundi que le choix "directement et personnellement"
par Nicolas Sarkozy de Rémy Pflimlin pour prendre la tête de France
Télévisions était "un processus profondément malsain".
"En
dehors de tout jugement sur l'homme et son parcours professionnel, la
nomination du président de France Télévisions directement et
personnellement par le président de la République est un processus
profondément malsain", a affirmé François Bayrou ajoutant que
"l'audiovisuel public n'aurait pas dû accepter d'être présenté ainsi
comme une filiale du pouvoir car, contrairement à ce qu'on nous
raconte, il n'appartient pas à l'Etat et encore moins au pouvoir".
C'est
un "retour en arrière pour la France", a-t-il encore rappelé, "c'est un
abus de langage que de prétendre que l'Etat +est l'actionnaire+. En
vérité, l'audiovisuel public appartient à tous les Français qui en
assurent le financement par la redevance. C'est pourquoi comme dans
toutes les démocraties du monde, le premier responsable de
l'audiovisuel public devrait être désigné en dehors du pouvoir".
Pour
François Bayrou, "la procédure mise en place par la majorité actuelle
a, en réalité, affaibli le président de France Télévisions comme elle a
affaibli les responsables de Radio France en exposant chacune de leur
décision, fondée ou pas fondée, au soupçon de favoritisme et de
complaisance".
"Il est impossible, à l'issue d'une nomination de
cet ordre, de ne pas être soupçonné d'être une courroie de
transmission", a-t-il ajouté, concluant que "lorsque viendra le jour
d'une nouvelle époque politique en France, ce sera une des premières
décisions à prendre que de rendre aux Français une télévision publique
indépendante et pluraliste". J'aime bien Bayrou en ce moment...
Tiens,
je voulais l'écrire depuis un moment sur ce blogue. J'aime bien Bayrou,
en ce moment. Je retrouve l'homme modéré et humaniste, bien
qu'intransigeant, qu'il avait longtemps été tout au long des années
2006 et 2007. Je déplorais, en mon for intérieur, qu'il fût devenu une
tribun excessif qui ne se complaisait que dans la critique univoque du
pouvoir en place.
Je suis donc satisfait de le voir tenir à
égale distance (enfin, à peu près...) la droite et la gauche. Mais
surtout, j'apprécie des prises de position de bon sens. Ne pas
condamner Woerth par avance, mais le système qui a rendu le soupçon
possible. Faire preuve de responsabilité sur la question des retraites,
envers et contre tout, tout en s'élevant contre les abus et l'injustice.
Reculer
de deux ans l'âge de la retraite était nécessaire. Tiens, d'ailleurs,
les caisses de retraite complémentaires (AGIRC, ARRCO) devraient y
retrouver la santé et devenir excédentaires, du coup. Pour la caisse
simple, ça va prendre plus de temps, et nous ne sommes sans doute qu'à
la moitié du chemin.
J'espère que le peuple français rendra
justice à Bayrou d'avoir toujours été clair depuis trois ans, sans
jamais dévier de son chemin, tout en payant assez cher son indépendance.
Tous ses thèmes de campagne de 2007 sont à l'ordre du jour.