| Marianne2.fr | le site de l'hebdomadaire Marianne «Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti» (Albert Camus) Charlie, Siné, Val, grosse fatigue... Retour sur une tempête médiatique dans un verre d'eau satirique. Marianne2.fr vous propose de voter sur le politiquement correct.
L'affaire Siné a pris d'incroyables proportions. L'article publié sur Rue89 jeudi 17 juillet a été vu par plus de 65 000 internautes. Les trois articles publiés par Marianne2 sur le sujet (1), qui ont provoqué plus de 100 000 visites, ont suscité plus d'un millier de commentaires. La plainte de Siné contre le journaliste Claude Askolovitch, qui a dénoncé l'article de SIné comme antisémite sur RTL, excite tout le monde. Les médias, toujours avides de polémiques, même vaines, sont en train de transformer Siné en une victime d'une nouvelle intolérance, et on l'entend éructer sur les ondes. Une pétition en sa défense circule sur le Net. Guy Bedos, barde du politiquement correct de gauche, s'est déclaré solidaire. On attend, à l'inverse, un texte de BHL pro-Val… Bref, un articulet sur un sujet people – la liaison entre Jean Sarkozy et la fille Darty – est en train de ressusciter une passion française.
Disons le nettement : avec l'affaire Siné, nous pataugeons dans le simulacre, voire le ridicule. Et, tant qu'il est encore possible – pour combien de temps ? – de n'être ni pro-Siné ni pro-Val, je souhaiterais expliquer pourquoi. Juifs paranoïaques contre gauche victimaire Le passage incriminé de Siné, comme l'a écrit ici même Anna Borrel, a d'incontestables relents antisémites. Non parce qu'il moque la conversion supposée de Jean Sarkozy au judaïsme, mais parce qu'il décrit un monde où le statut d'Arabe ferait forcément de vous un malheureux et celui de Juif forcément un homme riche et puissant. Alors que certains Arabes sont propriétaires d'hôtels sur la Côte d'Azur tandis que certains Juifs de Sarcelles sont des prolétaires ou des chômeurs. Bien sûr, Siné se récriera contre une telle interprétation. Il dira qu'il a combattu sa vie durant tous les racismes et, plus encore, contre toutes les religions. Ses amis proclament qu'il est tout sauf antisémite. C'est tout le paradoxe de cette affaire : Siné a sans doute tenu des propos à connotations antisémites sans être forcément lui-même antisémite, même s'il a pu, selon l'avocat William Goldnadel, avoir été condamné au début des années 1980, pour des propos tenus sur la radio Carbone 14 lors d'un procès intenté par la Licra et une association juive. Siné comme certains intellectuels, y compris juifs dans certains cas, assimilent le fait d'être de gauche à celui d'être aux côtés des victimes. Hier victimes, les Juifs seraient devenus oppresseurs. Ils dirigent un état armé et puissant au Proche Orient. Ils occupent des positions intellectuelles, économiques ou médiatiques avantageuses en France ; l'homme de gauche du XXI° siècle devrait donc être solidaire des Palestiniens et des Arabes pour rester fidèle à l'engagement contre l'antisémtisme des années 1930. Voilà pourquoi tous se récrient, de Dieudonné à Siné, lorsqu'on les traité d'antisémites ou de judéophobes. Voilà comment Jacques-Marie Bourget de Bakchich, défend Siné : le fait d'avoir porté les valises du FLN au début des années 1960 l'aurait rendu impreméable à toute forme de racisme. A l'opposé de cette posture de la gauche antisioniste, un certain nombre d'intellectuels, juifs ou non, qui dénoncent Siné, pensent qu'un antisémitisme de gauche a émergé en France qui serait tout aussi dangereux que l'antisémitisme de l'extrême droite. Pierre-André Taguieff a décidé de vouer sa vie à démontrer l'existence d'une filiation entre l'antisémitisme des années 1930 et celui d'aujourd'hui, qui serait habilement maquillé en anti-colonialisme ou en antisionisme. Personne ne prend le temps de lire ses livres. Du coup, les uns affirment qu'il a totalement raison sans l'avoir lu tandis que les autres le tiennent pour un homme de gauche devenu fou. Crever la bulle «Charlie » Les «vigilants de l'antisémitisme» ont dénoncé en 2000, l'aveuglement de la gauche qui regardait ailleurs quand des Juifs de banlieue se faisaient agresser parce qu'ils étaient juifs. C'est un autre paradoxe : sur ce coup, les Juifs paranoïaques – ils existent, j'ai l'occasion de leur parler très souvent - avaient raison. Mais depuis, les responsables politiques ont réagi, les agressions antijuives ont baissé. Il faut savoir le reconnaître… et s'en féliciter. Lorsque Philippe Val et d‘autres pensent que, à lire certains commentaires des articles consacrés à l'affaire Siné, «nous sommes en 41», il a tort et ne rend pas service aux Juifs. Ce qui ne rend pas légitime pour autant les attaques dont il est l'objet pour s'être, trop tardivement sans doute, élevé contre un dérapage inacceptable. Telle est la ligne de crête fragile, ténue, sur laquelle nous sommes obligés de jouer les acrobates. Ni judéophiles vigilants, ni antisionistes victimaires, nous espérons simplement crever la bulle « Charlie » et passer à autre chose : il y a d'autres problèmes plus importants en France et dans le monde que les égarements d'un vieux dessinateur. Et d'ailleurs, si Philippe Val avait relu l'article de Siné avant publication, il lui aurait demandé de reformuler sa pensée. Siné l'aurait fait et nous nous serions épargné une polémique ridicule. Pour finir sur une note plus amusante, nous souhaitons déplacer légèrement ce débat vers l'importance du politiquement correct et solliciter votre avis sur ce point. Dailymotion a exhumé un sketch de Pierre Desproges sur les Juifs. A vous de dire si ce genre de blague serait encore possible aujourd'hui... (1) Marianne2 a, dès le 11 juillet relaté l'affaire Siné. Comme d'habitude, nos confrères de Rue89 et de Bakchichinfo, tout comme l'AFP, ont fini par relayer cette information sans citer - horresco refrens - Marianne2. Merci en revanche au Monde de respecter les usages comme nous nous efforçons de la faire nous-même en incitant nos journalistes à citer leurs confrères lorsqu'ils traitent un dossier après eux. A lire sur le même sujet : Charlie-hebdo : fini de rire Charlie zappe SIné SIné viré de Charlie : antisémtisme ?
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( polls) Ecrit le 19 Jul 2008 (08:40:00) «L'armée du Sénat» ramenée à cent grognards ! Par Gérard Gautier, ancien Conseiller régional de Bretagne et président du mouvement «Blanc c'est exprimé». Après avoir imaginé dissoudre le Sénat, Nicolas Sarkozy prévoit de ramener le nombre de sénateurs de 331 actuellement à 100.
Selon des sources bien informées, le Président de la République fera une annonce très attendue lors du prochain Congrès de Versailles. Dans le cadre des réformes imposées par la volonté de remettre le char de l'État sur un terrain plus opérationnel pour une meilleure compétitivité, Nicolas Sarkozy aurait pris la décision dont - au moment où il faut chercher avec pugnacité des allègements budgétaires - la sagesse et la cohérence n'échapperont à personne !
Après avoir, un moment, imaginé de dissoudre le Sénat, ce qui aurait été une source évidente d'économies importantes, il a décidé de «ramener, dans un premier temps, le nombre des Grognards y siégeant actuellement, de 331 à 100 !» Cela, il faut le rappeler, alors qu'il était prévu, après le renouvellement de septembre 2008, de voir leur nombre passer à 343 ! Ce qui apparaissait comme un indécent développement des privilèges dans une France qui se veut de Justice sociale ! Courage et abnégation Nul doute que certains parlementaires partiront goûter une retraite douillette à laquelle ils étaient en droit d'accéder depuis de longues décennies. D'autres, conscients des difficultés du Pays, et de la désuétude, qui va grandissant, de leurs concitoyens, partiront assumer, avec courage et abnégation, voire altruisme et désintéressement, un seul de leurs autres mandats, tiré au sort. Une belle illustration de l'adage : «Quand on veut, on peut !» N.B – A noter que l'Europe s'inspirant de cette décision étudie la réduction, outre du nombre de ses fonctionnaires, mais également de celui de ses parlementaires et autres commissaires. Pour faire la démonstration de son exemplarité, la France s'engage à réduire immédiatement, de manière drastique, le nombre pléthorique de ses hauts fonctionnaires parisiens, de ses conseillers ministériels et élyséens. La disparition du Conseil Économique et Social national est envisagée. Ce qui ne serait que pure logique. Cette institution, servant actuellement d'Agence de reclassement d'élus en mal de mandats, serait intégrée à l'ANPE et aux ASSEDIC dans le cadre de leur fusion. Il semble qu'il ne s'agisse là que d'une première étape. On peut toujours rêver ! Ecrit le 19 Jul 2008 (07:51:00) Minutemen, ces milices américaines contre l'immigration mexicaine Nous publions ce reportage instructif de Marjorie Paillon d'Ilovepolitics.info sur la façon dont certains Américains de base, ici les Californiens, perçoivent la question de l'immigration.
San Diego, une enclave républicaine en terre démocrate. Une ville à la frontière entre les États-Unis et le Mexique que certains protègent, envers et surtout contre tout. Leur nom : les Minutemen.
Parmi eux, Jim Gilchrist, 59 ans, se sent investi d'une mission. Ce vétéran de la guerre du Vietnam, ex-journaliste local et self-made-man à la retraite, a créé il y a aura quatre ans en octobre le Minutemen Project. Un nom hérité des premières milices coloniales qui défendaient âprement leur bout de terre pendant la guerre d'Indépendance américaine. Cette terre là, Jim y tient comme à la prunelle de ses yeux. Derrière ses jumelles qui scrutent la frontière américano-mexicaine, ce républicain convaincu croit au rêve américain. Précisément celui que les immigrants illégaux voudraient lui voler. Si vous lui parlez de peur de l'étranger, il vous répond patriotisme. «Le patriotisme, c'est une chose culturelle ici. C'est la façon dont nous avons créé les États-Unis. Le premier amendement de la Constitution américaine défend notre droit à nous réunir de façon pacifique et à faire part de nos inquiétudes au gouvernement. C'est exactement ce que nous faisons avec le Minutemen Project. Pourquoi? Parce que nous sentons cette menace contre notre souveraineté, contre nos classes moyennes qui travaillent durement, contre nos enfants.» La menace contre laquelle Jim a armé son groupe de patrouilleurs des frontières, c'est l'immigration illégale. «Les Minutemen ne sont pas personnellement contre l'immigration. Mais nous croyons à une immigration régulée, avec un nombre limité d'étrangers qui ont un talent ou une profession spécifique à apporter à l'Amérique. (...) Nous voulons pouvoir accueillir des gens civilisés qui contribueront à l'épanouissement de ce pays pour les 232 prochaines années à venir. Alors oui, ça veut dire que des millions de personnes ne pourront pas venir ici. Trois milliards de pauvres gens sur cette terre adoreraient venir aux Etats-Unis et profiter de notre système de santé et de nos écoles. Je leur dit non, vous ne pouvez pas venir chez nous.»
Minutemen un jour, Minutemen toujours
Aujourd'hui, le gouvernement américain estime que 12 millions d'immigrés sans papiers vivent sur son territoire. Un chiffre que les Minutemen contestent, mais qui est en fait impossible à évaluer. «Environ 37 millions d'étrangers illégaux occupent ce pays. L'histoire des 12 millions, c'est un mantra gouvernemental. (...) Si nous laissons ces illégaux s'installer, ce ne sera plus le melting pot, mais un sac de marbre avec chaque pierre tapant sur l'autre pour imposer sa propre langue et sa propre culture. Et dans 100 ans nous ne serons plus les Etats-Unis d'Amérique mais les «États-Divisés» d'Amérique. Ici, dans le sud, nous serions «les Etats-Unis du Nouveau Mexique», le Midwest serait «les États-Unis des Pays Arabes» à cause de la concentration de musulmans vivant là, en Floride ce serait «le Nouveau Cuba».» Un nouvelle carte de géographie qu'ils comptent bien ne jamais devoir apprendre à leurs petits-enfants. Alors, pour toutes ces raisons, Jim et ses Minutemen patrouillent chaque jour ou presque le long de la frontière. Pas à San Diego près de Tijuana, mais plus loin, dans le désert. Quelque part entre Campo et Patriot Point, le bien nommé. Leur travail : ouvrir l'œil et le bon, pour seconder les policiers fédéraux. Bret, un autre vétéran qui a perdu son œil gauche au Vietnam, passe quatre jours sur sept à sillonner ce causse, arme à la ceinture (pour sa propre protection insiste-t-il), seul avec son chien Buddy dans une camionnette aménagée en bunker. «Le Border Patrol ne peut pas être partout. Nous, nous savons où les étrangers passent, nous pouvons les observer, voir les mouvements de l'autre côté de la frontière. Quand j'en vois un, je donne immédiatement son signalement au Border Patrol. Leur check point est plus loin, dans les terres. Je les laisse aller jusque là-bas, comme ça, les officiers peuvent les attraper en territoire américain, et ont le droit de les renvoyer directement de l'autre côté. En 3 ans de patrouille, j'ai du aider à en renvoyer près de 1000. Et ça, j'en suis fier.»
L'immigration illégale, un casus belli pour l'élection 2008
Le candidat des Minutemen n'est certainement pas John McCain. Pas plus que George W. Bush ne l'était en 2000 ou 2004. «John McCain est un traître. Je ne sais pas comment les gens en Arizona peuvent encore voter pour lui. Quant à George W. Bush, c'est l'ami des Mexicains. Vous saviez que son petit frère, Jeb, est marié à une cousine du président mexicain Vincente Fox ?» Non. Leur candidat serait un savant mix entre le pasteur d'Arkansas Mike Huckabee, l'anti-musulmans, anti-immigrés, anti-tout Tom Tancredo, qui avait remis l'immigration au centre du débat au début des primaires républicaines, et Ducan Hunter, le régional de l'étape. A leurs yeux, John McCain symbolise une sorte de grand Satan pro illégaux. Bien qu'ils le respectent pour son passé militaire, parce qu'il est vétéran du Vietnam comme eux, ils voient en lui celui par qui l'immigration illégale pourrait être régularisée. McCain a pourtant durci sa position sur le sujet, en prônant une sécurisation des frontières avant toute application de sa fameuse réforme bipartisane de l'immigration, défendue aux côtés de Ted Kennedy en 2005. Pas assez à pour eux. Quant à Obama, il n'a bien entendu pas plus de chance d'attirer leurs votes. Peut-être parce qu'ils pensent que l'élection est déjà jouée. «Je pense que Barack Obama sera à la Maison Blanche en novembre. Ce n'est pas une bonne nouvelle pour nous, mais s'en est une pour les illégaux. Obama veut dissoudre les Minutemen. Qu'il essaye.» Alors, pour qui voteront-ils ? Probablement pour un Parti indépendant, comme celui de Bob Barr ou de Chuck Baldwin. Ou alors ils ne feront pas le déplacement jusqu'aux bureaux de vote. Une abstention qui pourrait faire du tort au Parti républicain. Et diviser un peu plus l'Amérique. Pour consulter les autres articles du blog Ilovepolitics.info, cliquez sur ce lien. Ecrit le 19 Jul 2008 (07:32:00) Versailles : Une bonne raison de dire non Par Hervé Nathan, rédacteur en chef à Marianne. Les marchandages politiciens de l'Elysée pour obtenir une majorité au Congrès ne doivent pas empêcher d'examiner le projet sur le fond.
Le débat sur la révision de la Constitution ne passionne pas le grand public, c'est un fait. Et, dans la dernière ligne droite, les médias s'attachent à peser les voix des deux côtés, à ausculter les groupes charnières comme les Radicaux de gauche, à supputer d'avance la victoire de Nicolas Sarkozy, ou sa déroute annoncée. On en oublie un peu le fond. Or, du fond, il en est bel et bien question, car la réforme modifierait le jeu politique.
Vers le régime du Parti ? Grosso modo, le Premier ministre et le gouvernement seraient effacés du paysage, au profit de deux pouvoirs : celui du Président tout d'abord, qui pourrait prononcer son «discours du Trône», rendant dérisoire la déclaration de politique générale du Premier ministre. Et celui de la majorité parlementaire ensuite. C'est bien cette dernière qui aurait du poids, grâce à deux évolutions : d'une part, la maîtrise de la moitié de l'ordre du jour par le Parlement; d'autre part, l'examen des textes à partir des versions issues des commissions de l'Assemblée et/ou du Sénat, et non plus des projets du gouvernements. Le projet de constitution sarkozyste n'est pas loin du régime des partis. Ou plutôt du Parti, en l'occurence celui de l'UMP. Car la droite sénatorialen ayant obtenu le maintien de son mode de scrutin, la droite est assurée ad aeternam de conserver sa part de pouvoir dans la Chambre Haute, même en cas d'alternance. Imaginons le scénario suivant en 2012 : le (la) candidat (e) de la gauche remporte la présidentielle, puis les législatives qui suivent. Donc l'Assemblée nationale change de camp. Mais pas le Sénat, quoique la gauche est déjà majoritaire dans les collectivités locales (municipalités, départements, régions). L'UMP, battue, garde donc un moyen d'imposer une partie de son programme au calendrier des réformes. Et si elle n'y parvient pas, elle peut à tout le moins mettre des poutres dans les roues du char de la gauche ! Ce qui est refusé pour toujours au PS et ses alliés. Un tel déni de démocratie, voici une bonne raison de dire non. Entre autres… Ecrit le 18 Jul 2008 (17:21:00) Comment Amnesty a censuré sa propre campagne sur les JO A quelques semaines des Jeux, Amnesty envisageait de lancer une grande campagne sur les droits de l'homme en Chine. Mais celle-ci, concoctée par l'agence TBWA, a été jugée trop brutale par la direction d'Amnesty, et trop anti commerciale par celle de TBWA.
On reproche parfois aux publicitaires leur pondération. C'est loin d'être le cas de la dernière campagne d'Amnesty International destinée à sensibiliser l'opinion sur la question des droits de l'homme en Chine, et qui ne fait pas dans la dentelle. Concoctée par l'agence TBWA-Paris, propriété du groupe Omnicom, la campagne est visuellement superbe - brutale et sans nuances, diront certains. Elle a aussi le mérite de s'écarter très largement de la propagande traditionnelle sur les prétendues valeurs sportives diffusées d'ordinaire par la publicité : les affiches mêlent diverses disciplines olympiques et les tortures perpétrées en Chine.
Campagne choc
L'agence à l'origine de cette campagne choc a réalisé gratuitement ces affiches. Le hic, c'est que si les créatifs ne se sont pas bridés pour faire passer le message, la direction internationale d'Amnesty, à Londres, a décidé de ne pas l'exploiter. « Le résultat ne correspondait pas aux messages que l'on essaye d'associer à notre campagne pour les JO » a déclaré récemment Josefina Salomon, porte-parole d'Amnesty, au Wall Street Journal.
Amnesty souhaitait un message plus doux
La direction d'Amnesty n'a, en effet, pas caché son sentiment de malaise face à la brutalité des images. L'association humanitaire ayant décidé en amont d'avoir une approche plus douce et plus positive - en appelant, par exemple, les autorités chinoises à des changements de comportement - vis-à-vis de la Chine à l'approche des Jeux, notamment après le tremblement de terre du Sichuan selon le site Aujourdhuilachine.com. «Douceur, droits de l'homme, Chine. Cherchez l'intrus» aurait pu dire Desproges...
Les internautes chinois appellent au boycott des produits TBWA
Selon le site Mediapart, la campagne aurait suscité de vives réactions de la part des internautes chinois « qui enragent et appellent au boycott des produits mis en pub par TBWA à mesure que celle-ci se répand inexorablement sur la Toile». Les affiches ont d'autant plus choqué que si le marché de la publicité explose en Chine, du point de vue créatif, on en reste au niveau de la réclame. Un martèlement très très répétitif...
Une campagne primée à Cannes
Pour autant, la campagne fait déjà le tour du web et a été primée aux Lions de Cannes, ce qui a achever de placer l'agence dans une situation complexe : TBWA est également présente en Chine et l'agence ne peut se permettre de s'aliéner le marché chinois. D'autant que le secteur de la publicité chinois s'est développé avec un taux de croissance annuel près de 40% ces 20 dernières années !
TBWA: Plus jamais ça !
Pas folle, la direction de TBWA à New York a déclaré ne pas avoir été au courant de la campagne pour Amnesty avant d'ajouter qu'elle n'aurait jamais dû être réalisée. Tom Carroll, chief executive de TBWA Worldwide, a même déclaré que l'agence enquêtait en interne sur l'affaire « pour que cela ne se reproduise jamais ». Amnesty, ou comment une campagne destinée à démontrer aux opinions occidentales les atteintes à la liberté d'expression en Chine finit par apporter de précieux éclaircissements sur les ambigüités d'un capitalisme mondialisé, contraint sous les pressions commerciales de réprimer son ardent désir de communication… Un coup de maître.
Ecrit le 18 Jul 2008 (16:11:00) |