31-08-2010 -
L'HérétiqueIl y a un jeu
amusant, au sein de la blogosphère politique, en ce moment, qui
consiste à faire de premiers pronostics à l'issue du premier tour de
l'élection présidentielle de 2012. Nicolas m'a lancé un gage,
je vais évidemment le relever.Je pense
sincèrement que Nicolas Sarkozy
est grillé pour 2012. Il peut réaliser un score correct au soir du
premier tour, mais il ne pourra mobiliser davantage car les cordes sur
lesquelles il compte habituellement sont usées, notamment la sécurité.
En 2007, il pouvait prétendre avoir renforcé les effectifs de police et
avoir géré la révolte des cités, en 2012, ce ne sera nullement le cas,
puisqu'il n'a cessé d'avaliser les réductions des effectifs des forces
de l'ordre. A côté de cela, il aura eu à endosser des réformes devenues
nécessaires et inévitables, les retraites n'étant que l'iceberg émergé
de ce qui l'attend...Avec un bon
candidat, le PS
devrait pouvoir devancer l'UMP. Je ne suis pas convaincu que DSK soit le
meilleur sur la durée, même s'il est le plus populaire pour l'instant.
C'est un bon orateur, et il est malin, mais il va susciter des
oppositions sur sa gauche, et je pense que la droite fourbit ses armes
contre sa candidature. En outre, il portera la croix d'avoir été adoubé
par Nicolas Sarkozy auquel il doit partiellement son poste. Martine Aubry
est sans doute moins consensuelle, mais elle aura l'appui de toute la
gauche et de l'appareil du parti dans son intégralité ; en outre, c'est
une femme qui a la carrure d'une présidente, une femme d'État, et, si
elle ne fait pas d'erreurs, elle restera plus populaire que Sarkozy.Je crains
fort que le troisième
homme soit une femme : Marine Le pen. Elle est moins bonne oratrice que son père et
n'a pas comme lui l'art de l'outrance, mais elle pose des questions qui
fâchent, et la diabolisation ne marchera pas contre elle. Plus
présentable que Jean-Marie Le Pen, elle pourrait séduire une partie de
l'électorat UMP.On surestime à
mon avis Éva Joly. C'est
une monomaniaque, et le jour où il va falloir évoquer la France et les
Français dans toute leur amplitude, sa vacuité apparaîtra au grand jour
et elle décevra les bobos et les cadres dont elle a pour l'instant les
intentions de vote. Je ne sais quoi penser
de Bayrou. C'est
évidemment mon candidat préféré, et de loin, mais je crains qu'il ne
soit au moins aussi grillé que Ségolène Royal, même s'il a mis un peu
plus de temps qu'elle à l'être. C'est triste, car c'est le plus
honnête, le plus indépendant et celui qui a le plus de fond. Le seul
aussi à apporter de vraies réponses aux défis qui attendent la France.
Hélas, ce n'est pas suffisant, et il paie très cher d'avoir voulu créer
à tout prix un courant démocrate en France. Les socio-libéraux du PS
n'étaient pas prêts à s'y joindre ; en revanche, en acceptant du bout
des lèvres des accords électoraux avec l'UMP dont le seul gage aurait
été le vote du budget annuel, il pouvait mener la vie dure à Nicolas
Sarkozy et apparaître ensuite comme une alternative crédible au centre
et à la droite. Je me défie un peu de Villepin. Avant
d'être piégé par Sarkozy, il était prêt au compromis avec lui.
Accessoirement, sur l'affaire Clearstream, il a au minimum laissé
faire, ce qui en dit long sur son éthique en politique. Rien ne dit
qu'il n'y aura pas un revirement de sa part. Je crois que son but est
de se faire une place au sein de l'UMP et d'y supplanter si possible
Sarkozy. C'est ce que l'UMP pourrait espérer de mieux, car je pense que
comme homme d'État, contrairement à Sarkozy, il a une vraie carrure.On a
toujours surestimé la
gauche de la gauche et notamment le facteur. Besancenot ne
se présentera peut-être pas, et, sans lui, le NPA ne sera pas crédible.
Je pense aussi que son électorat est facilement poreux avec celui du
FN. Il est à mon avis largement surestimé. Heureux s'il obtient ne
serait-ce que 5%. Mélenchon pourrait surprendre, et même faire un joli score,
surtout si DSK représente le PS. Pronostiquer des
scores, c'est très
coton. Tellement de choses peuvent se passer...Je vois probablement
Sarkozy et DSK aux alentours de 25% chacun. Marine Le pen pourrait
atteindre les 15%.Après, c'est
difficile : ils
seront sans doute plusieurs à se côtoyer entre 5 et 7% : Villepin,
Joly, Mélenchon et Bayrou, peut-être le facteur s'il est là.Le
seul espoir que j'ai, c'est que les Français
réalisent que Bayrou avait pressenti tous les problèmes qui se posent
aujourd'hui à la France, pressenti également ce que seraient les cinq
années de pouvoir sarkozyste. Si une telle chose se produisait, alors,
bien évidemment, Bayrou pourrait espérer rééditer une belle
performance. En politique, tout peut se produire et il ne faut jamais
vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué.Il ne
me reste plus qu'à taguer quelques
blogueurs. Rubin, s'il
me lit
encore, Hashtable,
mon affreux libéral préféré, Rimbus qui me prend pour un sensible parce que je
suis hostile à la mise à mort des taureaux dans les arènes, AsTeR
dont le caractère sulfureux est savoureux, et
puis Vincentqui se fait rare et Nicolas et son troupeau de vaches dont les qualités de prospection vont en la
circonstance pouvoir faire fureur.Oh,
là ! Que des hommes ' Que nenni !
Si le Merle
Moqueur
et Olympe
me font l'honneur de relever le gant à leur tour... Toujours branché MoDem (à GuillaumeD)
Dans
la série "ce sont les meilleurs qui partent, moi je reste", une réponse
à GuillaumeD qui en 2009, ne renouvelait pas sa carte, restait sympathisant, et qui remarque
aujourd'hui : "beaucoup de personnes ... ont quitté le MoDem pour de
très nombreuses raisons. Mais il en est une que j'ai constatée
fréquemment : suivre sa conscience."
Ce qui suit est repris d'un commentaire sur son premier billet - je me
rends compte en le collant, qu'il part de ce même mot de conscience.
Sans laquelle l'engagement, pour sûr, n'est que ruine de l'âme.
« Que vos actes soient le changement
que vous voulez voir dans le monde ». - écrit GuillaumeD citant
Gandhi.
Une phrase que François Bayrou cite fréquemment, je crois.
Toute la difficulté est dans l'exécution. Surtout dans les univers de
pouvoir.
Si toutes les personnalités politiques agissaient "en conscience" au
même point que François Bayrou, le monde serait changé. Un journaliste
politique écrivait (désolé pour le lien, c'est de mémoire) : François
Bayrou est le seul homme politique qui soit le même avant et après que
l'on ait allumé la caméra.
Le problème est qu'il est exceptionnel de pouvoir être en politique si
on a ce type de cohérence personnelle. On en devient extrêmement
vulnérable aux manoeuvriers, pervers, djinamori, usurpateurs et
caméléons équilibristes. On est parfois contraint de se retrancher dans
une tour d'ivoire, ce qui n'est pas très vendeur.
La tour d'ivoire, avec ses corridors secrets, n'attire guère
l'engagement de démocrates convaincus. Des gens dépositaires de pouvoir
peuvent-ils fonctionner autrement entre eux ' Je l'ignore, mais je ne
connais aucune entreprise dont les mécanismes de décision au sommet
soient transparents ; et je doute qu'il y en ait, parmi les entreprises
importantes.
Je suis bien conscient que ces arguments ne feraient pas réadhérer une
personne qui aurait quitté le MoDem pour "suivre sa conscience".
D'autant qu'ils ne donnent pas une "bonne image" de l'activité
politique.
En fait, je suis moi-même profondément déçu par ce qu'a donné la
construction du MoDem depuis 3 ans. Tant de bonne volonté, de courage,
d'énergie, pour si peu de résultats. Mais quand je vois la difficulté
de l'exercice, et le peu de résultats de mes propres efforts, ça me
coupe toute envie de faire la leçon à qui que ce soit, et au président
de mon parti en particulier.
Alors même si je consacre peu de temps actuellement à la politique, je
reste au Mouvement.
Pas seulement parce que, amha, en finir avec le pouvoir de Nicolas
Sarkozy est urgent pour la République.
Pas seulement parce que, amha toujours, retomber dans l'ornière de
gauche conduirait à des résultats aussi décevants et un enlisement
aussi lamentable que lors des 3 épisodes PS précédents.
Aussi et surtout parce que je crois
qu'avec François Bayrou, nous aurions un président plus démocrate. Déclarations
du pape : "Un rappel aux valeurs" pour François Bayrou
Nous sommes un pays laïque - et c'est essentiel !- : cela signifie
qu'aucun magistère religieux n'a une quelconque autorité sur la
République. Mais la République a ses valeurs fondamentales : le respect
du Droit et les Droits de l'homme font partie de ce bloc de valeurs
républicaines, qui sont communes, en réalité, à tous les humanismes.
La déclaration du pape, en Français, est une défense de ces valeurs. Ce
n'est pas un rappel politique, c'est un rappel de valeurs.
Prendre pour cible, à grand spectacle, une communauté tout entière,
ultra minoritaire, pour plaire à une partie de l'opinion, c'est grave
et dangereux. Fonder ce ciblage sur l'origine, sans distinction de
comportement individuel, c'est contraire à nos principes. Tout cela est
lourd de conséquences symboliques, même si, comme c'est le cas, les
actes effectifs de refoulement sont limités.
Devant la loi, tout le monde doit être égal, quelle que soit l'origine,
ou la culture. Et chacun n'est responsable que de ses propres actes,
pas de ceux de la communauté à laquelle il appartient. Il faut mesurer
ce que cela coûte à l'image de la France dans le monde, lorsque les
grands journaux internationaux, l'Union européenne, les responsables
spirituels expriment le même sentiment de réprobation. Tout cela est
lourd pour notre pays.
Bien sûr, il y a des Français qui demandent et redemandent de telles
décisions à grand spectacle. Cela leur plaît, pour un temps (après, ils
demandent d'aller toujours plus loin). Mais le rôle des gouvernants
n'est pas de toujours faire ce qui plaît au peuple, leur devoir est de
faire ce qui est juste et qui rassemble. En mai 2009 François Bayrou commentait son
livre "Abus de Pouvoir" chez Ruquier
Le
président du Mouvement Démocrate (MoDem) répondait aux questions de
Philippe Corbé mercredi matin en direct de Pau. François Bayrou a
estimé que "la politique de sécurité de la France doit être repensée du
tout au tout" car elle "n'améliore pas la sécurité des Français". Selon
lui, il faut d'une part repenser la présence de l'ensemble des services
de l'Etat sur le terrain et, d'autre part, apporter "une réponse
précoce et efficace" à la délinquance "qui soit en même temps éducation
et punition". Le leader centriste a par ailleurs averti qu'il voterait
contre la réforme des retraites si les 65-67 ans sont "pris en otage".
Ecouter
"La
délinquance ne connaît pas les étiquettes
politiques elle prospère partout où l'Etat renonce
à exercer son autorité " selon Marc Fesneau
Une
nouvelle fois, Monsieur Estrosi, a cru bon de se distinguer et voulu
faire diversion en accusant explicitement les maires de laxisme, de
refus de coopération et d'incompétence en matière
de lutte contre la délinquance.
L'on serait tout d'abord enclin à lui rappeler que Ministre de
l'Industrie il est d'abord et avant tout comptable de ce secteur
d'activité et que l'on aimerait qu'il explique pourquoi la
France a perdu, en 2009, 322 000 emplois salariés dont 173 000
dans l'industrie secteur dont il a théoriquement la charge. Il
serait utile qu'il déploie son énergie à
être efficace dans le domaine qui relève de sa
responsabilité plutôt qu'à de vaines
déclarations.
En agissant ainsi c'est tous les élus qu'il tente de montrer du
doigt, tous ceux qui chaque jour, avec des moyens trop souvent
dérisoires, luttent contre toutes les formes de
délinquances, des plus quotidiennes aux plus graves.Doit on
rappeler à Monsieur ESTROSI que la mission première d'un
Etat, ce qui le définit même en partie, c'est sa
capacité à défendre ses populations et à
être garant de l'ordre. Et qu'en conséquence les
collectivités locales viennent en appui et non en remplacement
de l'Etat ce d'autant que ce même Etat leur demande de faire,
chaque jour, des économies.Et que c'est donc l'échec
patent de toute une politique nationale menée depuis de
très nombreuses années que l'on voit s'étaler sous
nos yeux : développement de trafics à grande
échelle qui entretiennent la violence, nouvelles formes de
délinquances urbaines et rurales, zones de non droit
.Les faits de violences urbaines dans les villes gouvernées par
les propres amis de Monsieur Estrosi démontrent comme si besoin
en était que la délinquance ne connaît pas les
étiquettes politiques elle prospère partout où
l'Etat renonce à exercer son autorité ou lorsqu'il est
inefficace. C'est aujourd'hui la situation de notre pays.
Ce ne sont pas les élus qui ont besoin d'être
interpellés par le gouvernement ce sont les délinquants.
Ce ne sont pas les élus qu'il faut condamner, ce sont ceux qui,
chaque jour, commettent des faits délictueux en toute
impunité.
Ce ne sont pas des mots qu'attendent les habitants de nos villes et de
nos villages, ce sont des actes et des moyens concrets.La politique de
sécurité n'a pas plus besoin de déclarations
intempestives et de manoeuvres de diversions que de naïveté
ou de résignation.
Ces deux postures sont nuisibles et inefficaces et le Mouvement
démocrate les rejette avec la même force au nom de ceux
qui pâtissent depuis des années de ces échecs
successifs. "Détourner
la France de son histoire d'intégration, c'est
lui faire mal parce que c'est porter atteinte à son histoire,
à sa nature profonde"
François
Bayrou, Président du Mouvement Démocrate, a
répondu cette semaine à l'hebdomadaire Marianne sur les
déclarations choc et les démonstrastions spectaculaires
du gouvernement sur les questions de sécurité
après les incidents à Grenoble.
Déclarations chocs et
démonstrations à grand spectacle: une manière de
faire de la politique dangereusement pour la société Marianne:
Comment qualifiez vous
les propositions de Nicolas Sarkozy '
A Grenoble, on n'a pas apporté de réponses nouvelles aux
questions de sécurité.., ce qui aurait été
légitime et, selon moi, nécessaire. Il y a une
réalité de plus en plus dure de
l'insécurité et de la délinquance, avec des
agressions de toute nature et des trafics qui progressent. C'est
évidemment insupportable, pour l'Etat et plus encore pour les
gens. Mais les thèmes et les mots qui ont été
choisis par Nicolas Sarkozy et ses proches ne portent pas une nouvelle
politique de sécurité. Leur but est de faire naître
la polémique la plus violente possible, en espérant que
cette polémique soudera autour d'eux ce qu'ils appellent leur
camp, toute la droite jusqu'à l'extrême droite.
Une polémique ne prend pas toute
seule il lui faut des ressorts... Il y a une grande inquiétude justifiée sur la
délinquance et l'insécurité . Par ailleurs; dans
bien des secteurs de l'opinion comme dans tous les pays en crise,
l'immigration est mal vue. Alors on a choisi de faire un pont entre les
deux. Le discours de Grenoble, c'est l'insinuation mise en scène
qu'il existe un lien de cause à effet entre immigration et
délinquance.C'est la première fois qu'un gouvernement en
France et d ailleurs dans aucun autre pays européen, prend le
risque d'une insinuation comme celle-là. Beaucoup
d'extrémistes l'ont dit mais un gouvernant jamais! Et c'est une
fausse logique. Bien sur il existe davantage de délinquance
violente et de trafics dans certains quartiers où l'immigration
est forte. (Même s'il ne faut pas oublier d'autres
délinquances, par exemple financière, dans d'autre
milieux) Mais l'immigration n'est pas la cause. Dans tous les milieux
qui sont aux marges, en difficulté économique, sociale ou
culturelle, il y a des gens plus fragiles face aux tentations de la
délinquance! Une statistique ne fait pas une
vérité. C'est comme si l'on disait que, parce qu'il y a
dis fois plus de délinquants chez les hommes que chez les
femmes, la masculinité est la cause de la délinquance!
Mais on eu l'impression d'une
manoeuvre réfléchie...
Bien sur, puisque tous les jours on en ajoute une couche. C'est l'effet
d'avalanche. D'abord, on propose de punir différemment les
délinquants selon leur origine. Puis Brice Hortefeux envisage la
plus large extension de cette déchéance... Le
troisième jour, l'UMP propose qu'on mette en prison les parents
d'enfants qui ne respectent pas leurs obligations. Il y a comme une
fuite en avant vers le plus"choc" ou le plus choquant.
Vous affirmez la réalité de
l'insécurité. Nicolas Sarkozy n' a t il pas raison de s'y attaquer '
La délinquance et l'insécurité, comme je vous l'ai
dit s'aggravent! Mais cela prouve simplement que la politique suivie
depuis des années à partir des déclarations chocs
et de démonstrations à grand spectacle, n'a pas
réussi. Il faut donc en changer.Il faut une philosophie
différente une reconquête par l'Etat aussi bien dans ses
forces de sécurité que dans ses services publics, de
toutes les zones de non droit. Une présence continue et une
vigilance. Sans cela toutes les déclarations guerrières
seront de nul effet sur la vraie délinquance dont les
français souffrent: la délinquance d'immeuble, de
quartier, de village, d'agression, de vol, de voiture
brûlée, d'incivilité, de provocation.
Quel jugement portez vous sur
cette manière de faire de la politique '
Je la crois dangereuse pour la société et pour la
fonction politique, singulièrement pour la fonction
présidentielle. Dans une république comme la notre, le
président a une fonction de chef de famille: il doit être
celui sur le calme duquel on compte; il doit regarder avec la
même compréhension les différentes
sensibilités du pays il doit donner une direction stable et
simple pour que tout le monde comprenne ou on va. il doit assurer
l'Etat. Il a enfin le devoir de rassembler.
En quoi cette manière de
gouverner est elle dangereuse pour la société '
Parce que ce sont des chemins qui ne conduisent nulle part, sauf
à davantage de mal être. Cibler les français
d'origine étrangère, cela va faire mal à des
millions d'enfants immigrés qui travaillent vraiment, en bavent
vraiment, réussissent souvent parfois jusqu'à l'exploit.
Parce que les mauvaises passions ne font pas la différence.
Elles ciblent la couleur de peau ou la consonance du nom, le
quartier... Détourner la France de son histoire
d'intégration, c'est lui faire mal parce que c'est porter
atteinte à son histoire, à sa nature profonde.
propos recueillis par Jean-Claude Jaillette, Marianne semaine du 7 au
14 août 2010. Peut-on enfin dire que vous
vous êtes trompés '
Je suis belge. Mais la vie politique française me passionne. Je
voudrais comprendre, par exemple, pourquoi les français ont choisi M.
Sarkozy comme Président en 2007. Je pense, en effet, qu'il s'agit d'une
erreur monumentale. Quand j'en parle à des français, il me disent
qu'ils ne se sont pas trompé, mais qu'"on les a trompé", voulant dire
par là que ce qui arrive n'est pas ce qui était prévu. Laissez-moi rire
sous cape. Toutes les options politiques de Nicolas Sarkozy, tout son
comportement, toute sa personne étaient déjà très visible avant les
élections présidentielles. Son amour de la richesse et des riches, sa
volonté d'alimenter la presse people, sa façon de considérer les
banlieues, les sans-papiers, les immigrés, sa politique en matière de
délinquance et de sécurité... Tout cela était connu bien avant
l'élection.
Je ne peux pas imaginer que le Français moyen soit assez bête que pour
se choisir un Président "m'as-tu-vu", "bling-bling", réactionnaire,
autoritaire, mesurant tout à l'aune des sondages, se pavoisant dans les
rencontres avec les personnalités politiques étrangères... etc. Je
pense qu'il est grand temps maintenant d'avoir le courage de dire que
vous vous êtes trompé. Et c'est important parce que ne pas reconnaître
explicitement cette erreur, c'est avaliser le désastre de toute la vie
politique française. Vous avez préféré croire les discours de cet homme
plutôt que de vous demander où vous vouliez aller vraiment. Et qu'on ne
vienne pas me dire que Ségolène Royal, ou François Bayrou, c'était pas
mieux... C'est encore une parade pour essayer de dissimuler votre
erreur.
La Belgique est la reine de la dérision. Face à tout ce qui se passe
dans la politique belge, le Belge a appris à rire de lui-même. Cela
fait un bien fou et permet de dépasser nos petites idées étroites. Ne
serait-il pas temps que le Français fasse de même '
Sans rancune...
TP Sarkozy
manie des "sujets dangereux" pour faire de la "communication" selon
François Bayrou
Le président du MoDem, François Bayrou, a estimé lundi matin que
Nicolas Sarkozy et le gouvernement maniaient des sujets "dangereux"
dans le seul but de "faire de la communication", après le discours où
le président de la République a lié immigration et insécurité
La fédération du MoDem 25 est placée sous administration provisoire du
siège national.
Gérard Faivre est suspendu de ses fonctions de président du MoDem 25 et
de la coordination régionale du parti de François Bayrou. L'ensemble du
conseil départemental est également suspendu.Le mouvement du Doubs est
maintenant sous la gestion provisoire du siège parisien.
A la rentrée, l'objectif est de remettre en place une "équipe diverse
qui a envie de travailler ensemble"selon l'expression de Christophe
Grudler.
Cette décision, annoncée par Philippe Gonon sur Twitter, s'explique par
l'attitude de Gérard Faivre lors des éléctions régionales de mars
dernier. Le responsable du MoDem s'était opposé à la nomination de
Christophe Grudler (conseiller général du Territoire-de-Belfort)comme
tête de liste régionale du MoDem par les instances parisiennes. Les
adhérents franc-comtois avaient également désigné en décembre 2009
Christophe Grudler comme tête de liste à 66,67% des voix. Sept semaines
avant le premier tour en janvier, des cadres franc-comtois du MoDem
dont Gérard Faivre avaient adressé une lettre ouverte à leurs instances
nationales annonçant qu'ils ne soutiendraient pas Christophe Grudler.
Ils dénonçaient également un manque de démocratie dans le
fonctionnement du parti. Quelques jours plus tard, 40 cadres du MoDem
de Franche-Comté réclamaient des sanctions contre Gérard Faivre et
affirmaient leur soutien à Christophe Grudler...
Après les élections (où le MoDem n'a obtenu aucun siège en
Franche-Comté), Marc Fesneau, secrétaire général du MoDem, est venu à
deux reprises dans notre région pour écouter toutes les parties avant
de prendre la décision de suspension. Et d'après les explications de
Philippe Gonon, "cette décision est logique car il y a une discipline à
respecter au MoDem comme dans n'importe quelle organisation".